Publié le 30 décembre 2023 06:07:00. Le pape Léon XIV a appelé les représentants des municipalités italiennes à placer l’écoute des plus vulnérables au cœur de leurs politiques, soulignant que le véritable pouvoir réside dans la responsabilité et le service.
- Le Saint-Père a insisté sur la nécessité d’une politique axée sur le tissage de liens humains et la promotion de la paix sociale.
- Il a mis en garde contre les formes de marginalisation, de violence et de solitude qui affectent les villes italiennes, notamment le fléau du jeu.
- Le pape a exhorté les élus locaux à s’inspirer de figures comme Giorgio La Pira et à devenir des artisans d’espérance pour leurs concitoyens.
S’adressant ce vendredi 29 décembre aux membres de l’Association nationale des municipalités italiennes (ANCI), le pape Léon XIV a plaidé pour une approche politique centrée sur l’humain. Il a souligné que la cohésion sociale et l’harmonie civique ne peuvent se construire que par une écoute attentive des plus petits et des plus pauvres.
Le pontife a rappelé que l’incarnation du Fils de Dieu se manifeste par la fragilité d’un enfant, en contraste avec l’arrogance du roi Hérode. Il a dénoncé le massacre des Innocents non seulement comme une perte d’avenir, mais aussi comme une expression d’une puissance inhumaine, incapable de reconnaître la dignité de la vie et la beauté de l’amour.
Pour Léon XIV, la naissance du Seigneur révèle l’essence même du pouvoir : la responsabilité et le service. Il a insisté sur l’importance d’incarner les vertus d’humilité, d’honnêteté et de partage dans l’exercice de toute autorité. Il a également souligné la nécessité d’une attention particulière aux besoins des familles et des individus, en particulier les plus fragiles, pour le bien commun.
Le pape a insisté sur le fait que les villes ne doivent pas être perçues comme des entités anonymes, mais comme des lieux porteurs de visages et d’histoires précieuses. Il a cité en exemple le vénérable Giorgio La Pira, ancien maire de Florence, qui affirmait :
« S’il y a quelqu’un qui souffre, j’ai un devoir précis : intervenir de toutes les manières, avec toutes les précautions que l’amour suggère et que prévoit la loi, pour que cette souffrance soit diminuée ou atténuée. »
Reprenant les réflexions du pape François, Léon XIV a mis en garde contre le risque d’une démocratie qui s’atrophie, se réduisant à une formalité vide de sens, incapable de représenter véritablement le peuple et de répondre à ses besoins fondamentaux. Il a appelé les élus locaux à devenir des « maîtres du dévouement au bien commun, en favorisant une alliance sociale pour l’espérance ».
Le pontife a également attiré l’attention sur les formes de marginalisation, de violence et de solitude qui gangrènent de nombreuses villes. Il a particulièrement dénoncé le fléau du jeu, qui ruine de nombreuses familles, soulignant qu’il s’agit d’un problème complexe lié à l’éducation, à la santé mentale et à la confiance sociale. Il a également évoqué d’autres formes de solitude, telles que les troubles psychologiques, la dépression, la pauvreté culturelle et spirituelle, et l’abandon social, insistant sur la nécessité d’apporter de l’espoir à ceux qui en ont besoin.
En conclusion, le pape Léon XIV a encouragé les représentants des municipalités italiennes à faire preuve de courage et à offrir l’espoir à leurs concitoyens, en travaillant ensemble à construire un avenir meilleur pour leurs communautés, fondé sur une logique de promotion humaine intégrale.
