Publié le 1er décembre 2025. L’Indonésie intensifie sa lutte contre le VIH/sida, avec pour objectif d’atteindre une couverture de dépistage, de traitement et de suppression virale de 95% d’ici 2030, malgré les défis persistants liés à la stigmatisation et au financement.
- Environ 1,96 million de personnes vivent avec le VIH en Indonésie, mais moins des deux tiers ont été diagnostiquées.
- Le gouvernement indonésien s’engage à renforcer les services de santé primaires et à faciliter l’accès aux traitements, y compris une nouvelle PrEP injectable à action prolongée.
- La lutte contre la stigmatisation reste un enjeu majeur pour encourager les personnes à se faire dépister et à accéder aux soins.
Jakarta, Indonésie – Le vice-ministre de la Santé indonésien, le professeur Dante Saksono Harbuwono, a réaffirmé l’engagement de son gouvernement à accélérer la lutte contre le VIH/sida dans le pays. Lors d’une déclaration faite le 1er décembre 2025, il a souligné la nécessité d’améliorer le dépistage, d’élargir l’accès aux traitements et de combattre la stigmatisation qui entrave encore l’accès aux soins pour de nombreuses personnes.
Selon les estimations, 0,7% de la population indonésienne vit avec le VIH, ce qui représente environ 1,96 million de personnes. Toutefois, les chiffres de 2025 révèlent un écart significatif entre le nombre de personnes infectées et celles qui ont été diagnostiquées : seulement 564 000 personnes vivant avec le VIH (PVVIH) ont été identifiées. En octobre 2025, 385 472 personnes (68%) connaissaient leur statut sérologique, 259 719 (67%) étaient sous traitement antirétroviral et 144 747 (56%) présentaient une charge virale indétectable.
Le professeur Dante a insisté sur l’importance de progresser vers l’objectif “Mettre fin au sida 2030” en atteignant les objectifs “Triple 95” : 95% des personnes vivant avec le VIH doivent connaître leur statut, 95% d’entre elles doivent être sous traitement, et 95% des personnes traitées doivent atteindre une suppression virale.
« Le chiffre de 0,7% n’est pas seulement une statistique, c’est un être humain. Sur les centaines de milliers de personnes vivant avec le VIH en Indonésie, seulement environ les deux tiers ont été diagnostiquées et seules certaines ont reçu un traitement optimal. Nous devons agir plus vite. »
Professeur Dante Saksono Harbuwono, vice-ministre de la Santé de la République d’Indonésie
Pour atteindre ces objectifs ambitieux, le vice-ministre a souligné la nécessité de renforcer le rôle des établissements de santé, des agents de santé et des communautés dans l’offre de services accessibles. Il a également salué les efforts des gouvernements locaux et des partenaires qui contribuent à augmenter la couverture du dépistage et à améliorer l’assistance aux patients.
La stigmatisation reste un obstacle majeur. Le professeur Dante a expliqué que la peur d’être jugé par son entourage ou sur son lieu de travail dissuade de nombreuses personnes de se rendre dans les centres de santé.
« La stigmatisation est l’une des plus grandes perturbations dans la lutte contre le VIH. Beaucoup ont peur de se rendre dans les services parce qu’ils craignent d’être connus par leur environnement ou leur lieu de travail. Nous devons changer la stigmatisation. La lutte contre le VIH ne peut réussir que si la société accepte, soutient et veille à ce que personne ne soit laissé pour compte. »
Professeur Dante Saksono Harbuwono, vice-ministre de la Santé de la République d’Indonésie
À l’avenir, le gouvernement prévoit de renforcer la surveillance épidémiologique, de garantir la disponibilité de médicaments antirétroviraux plus puissants et plus stables, et d’intensifier les campagnes de sensibilisation au niveau communautaire. L’accent sera également mis sur la mise en place de services liés au VIH qui soient justes, équitables et facilement accessibles à tous.
Le vice-ministre a rappelé que le thème de la Journée mondiale de lutte contre le sida 2025, « Ensemble face au changement : maintenir la durabilité des services liés au VIH », souligne l’importance d’une réponse globale, juste et équitable à la pandémie.
Le Dr Stephen Chacko, chef d’équipe de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) en Indonésie pour les maladies transmissibles et le développement de la vaccination, a salué les progrès significatifs réalisés par le pays, en particulier grâce à l’intégration des soins de santé primaires. OMS
« L’Indonésie a fait de grands progrès grâce à une approche de soins de santé primaires. Cette réforme rend le traitement plus sûr, plus efficace et plus facile d’accès. »
Dr Stephen Chacko, chef d’équipe de l’OMS en Indonésie
Le Dr Muhammad Saleem, directeur pays de l’ONUSIDA pour l’Indonésie, a également mis en avant l’innovation de la PrEP injectable à action prolongée, qui ne nécessite qu’une administration tous les six mois, et a souligné l’engagement continu de l’Indonésie à garantir l’accès aux services et aux médicaments anti-VIH, malgré les contraintes financières mondiales. ONUSIDA
Le ministère de la Santé indonésien continue d’encourager la collaboration intersectorielle, le partenariat avec les organisations de développement, les communautés et les gouvernements locaux afin d’accélérer la réalisation de l’objectif d’élimination du VIH en Indonésie.
Pour plus d’informations, vous pouvez contacter le ministère de la Santé via la hotline 1500-567, par SMS au 081281562620 ou par e-mail à [email protected].
Chef du Bureau des communications publiques et de l’information
Aji Muhawarman, ST, MKM
