Publié le 9 octobre 2024 18:01:00. Le Pentagone s’apprête à choisir le constructeur qui développera le F/A-XX, le prochain chasseur furtif de l’US Navy, un projet crucial pour contrer l’ascension militaire de la Chine et ses nouvelles technologies.
- Boeing et Northrop Grumman sont en lice pour le contrat de production de cet avion de combat de sixième génération.
- Le programme, baptisé NGAD (Next Generation Air Dominance), a été relancé après des retards liés à des désaccords budgétaires.
- Le F/A-XX devra assurer la supériorité aérienne américaine pour les décennies à venir, en intégrant des drones et des systèmes d’armes de pointe.
L’US Navy est sur le point de prendre une décision capitale concernant l’avenir de son aviation embarquée. Le choix du constructeur qui concevra et fabriquera le F/A-XX, son prochain chasseur furtif, est imminent. Ce programme, d’une importance stratégique majeure, vise à doter les porte-avions américains d’un appareil capable de faire face aux défis posés par l’évolution rapide des forces armées chinoises, notamment dans les domaines des armes laser et des systèmes de guerre électronique.
Selon l’agence Reuters, deux géants de l’industrie aéronautique se disputent le contrat : Boeing et Northrop Grumman. La décision de relancer le projet, qui avait connu des contretemps, a été officialisée vendredi par le secrétaire à la Guerre, Pete Hegseth. Le programme avait été freiné par des désaccords entre le Pentagone et le Congrès concernant son financement.
Le F/A-XX est conçu pour être un avion de chasse embarqué, c’est-à-dire capable d’opérer à partir de porte-avions ou de navires d’assaut amphibies. Il s’inscrit dans le cadre plus large du programme NGAD (Next Generation Air Dominance) de la Marine américaine, dont le déploiement est prévu pour les années 2030.
Cet appareil de sixième génération doit remplacer le F/A-18E/F Super Hornet et l’EA-18G Growler, qui constituent l’épine dorsale de l’aviation navale américaine depuis les années 1990. Le F/A-XX représente une rupture technologique majeure dans la conception de la puissance aéronavale.
L’objectif principal du F/A-XX est de garantir la supériorité aérienne dans des environnements fortement contestés pour les décennies à venir. Bien que de nombreuses caractéristiques restent classifiées, on sait qu’il s’agira d’un système complexe intégrant un chasseur habité de sixième génération, ainsi qu’une flotte de véhicules aériens sans pilote, dont certains pourraient être à usage unique. Ces drones pourraient être utilisés pour des missions d’escorte, de renseignement, de guerre électronique ou d’attaque, permettant à un seul pilote de contrôler simultanément plusieurs plateformes autonomes.
Le F/A-XX devrait bénéficier d’une signature radar extrêmement faible, surpassant celle du Super Hornet. Il sera ainsi plus difficile à détecter par les radars et les systèmes de défense modernes, tels que les systèmes A2/AD déployés par la Chine dans la région Pacifique. En d’autres termes, il sera conçu pour être quasiment invisible.
L’avion intégrera une architecture ouverte, facilitant l’intégration rapide de nouveaux capteurs, logiciels et armements. Il sera équipé d’un radar AESA (Active Electronically Scanned Array) de dernière génération, de capacités avancées de guerre électronique et d’intelligence artificielle pour assister les pilotes. Sa connectivité lui permettra d’agir comme un nœud central dans les réseaux tactiques multi-domaines.
Prototypes de ce à quoi ressemblerait l’avion de combat F/A-XX.
Conçu pour opérer à partir de porte-avions, le F/A-XX devra combiner furtivité et robustesse pour supporter les décollages et atterrissages en conditions exigeantes. Sa conception comprendra un crochet d’arrêt, un équipement renforcé et potentiellement des ailes pliables pour optimiser le stockage sur le pont.
L’avion aura également une plus grande autonomie, lui permettant d’opérer sur de plus longues distances sans avoir besoin de ravitaillement constant.
En termes d’armement, le F/A-XX embarquera des missiles air-air et air-sol à longue portée dans des soutes internes, afin de ne pas compromettre sa signature radar. Il sera compatible avec des armes hypersoniques et potentiellement des systèmes à énergie dirigée, tels que des lasers défensifs.
Le coût unitaire du F/A-XX est estimé entre 200 et 300 millions de dollars (sans compter les coûts du système complet avec les drones). Le programme pourrait nécessiter des dizaines de milliards de dollars sur les prochaines décennies.
La Marine américaine prévoit une première mise en service du F/A-XX dans la seconde moitié des années 2030, bien que ce calendrier puisse être modifié en fonction des contraintes budgétaires et techniques.
Les concurrents : Chine et Russie
Un chasseur furtif Chengdu J-20 de fabrication chinoise vole lors de la 15e Exposition internationale de l’aviation et de l’aérospatiale à Zhuhai, province du Guangdong, le 15 novembre 2024. (Photo : Hector Retamal / AFP).
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Les principaux concurrents du F/A-XX sont le chasseur chinois Chengdu J-20 et le Sukhoi Su-57 russe. Le Chengdu J-20, également connu sous le nom de “Puissant Dragon”, est le principal chasseur furtif de cinquième génération développé par la Chine. Fabriqué par la Société aérospatiale de Chengdu, il représente l’aboutissement de plus de vingt ans d’investissements et d’espionnage technologique, et est considéré comme le pilier de la puissance aérienne de l’Armée populaire de libération (APL).
Son développement s’inscrit dans la volonté de la Chine de rivaliser avec les États-Unis dans le domaine de la guerre aérienne moderne. Sa conception à faible détectabilité réduit sa signature radar, tandis que sa taille, supérieure à celle de la plupart de ses homologues occidentaux, lui permet d’emporter de grandes quantités de carburant et d’armes dans des soutes internes.
Le J-20 combine furtivité et maniabilité. Il est optimisé pour les missions d’interception à longue portée et les frappes de précision contre des cibles stratégiques. Il peut emporter une large gamme de missiles air-air et air-sol, dont le PL-15, conçu pour rivaliser avec l’américain AIM-120D, et le PL-10 pour le combat rapproché. Sa portée estimée dépasse les 2 000 kilomètres.
Un avion de combat russe Sukhoi Su-57 de cinquième génération vole lors d’une exposition en Chine, le 14 novembre 2024. (Photo : Hector Retamal / AFP).
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Le Soukhoï Su-57 est le premier chasseur furtif de cinquième génération développé par la Russie et symbolise la tentative du Kremlin de maintenir une capacité de combat aérien comparable à celle des États-Unis et de la Chine, en alliant furtivité, puissance et maniabilité extrême. Présenté officiellement en 2010 et entré en service limité en 2020, il est devenu le fer de lance technologique de l’armée de l’air russe, même déployé en Syrie et en Ukraine pour tester ses performances.
Le Su-57 a été conçu pour assurer la supériorité aérienne et mener des missions d’attaque polyvalentes. Contrairement à ses homologues occidentaux qui privilégient la furtivité absolue, le modèle russe recherche un équilibre entre faible détectabilité et maniabilité. Sa structure combine des surfaces inclinées et courbes pour réduire sa signature radar, bien qu’elle n’atteigne pas le niveau d’invisibilité des F-22 ou F-35 américains. Il se distingue par ses ailerons mobiles, ses tuyères vectorielles et son fuselage optimisé pour les virages extrêmes, lui conférant une agilité exceptionnelle en combat rapproché.
Le Su-57 dispose de soutes internes pour les missiles air-air et les bombes guidées, ainsi que de pylônes externes pour augmenter sa charge utile lorsque la furtivité n’est pas une priorité. Il peut emporter des missiles air-air R-77M, des missiles à courte portée R-74 et des missiles hypersoniques Kh-47M2 Cinnery.
