Publié le 30 décembre 2025 à 10h18. L’administration américaine propose à l’Ukraine des garanties de sécurité de 15 ans dans l’espoir de relancer les négociations avec la Russie, une initiative accueillie avec prudence par Kyiv qui réclame des engagements plus longs et fermes.
- Les États-Unis ont proposé à l’Ukraine des garanties de sécurité pour une durée de 15 ans, une offre discutée lors d’une rencontre entre Volodymyr Zelensky et Donald Trump en Floride.
- Kyiv estime que ces garanties sont insuffisantes pour dissuader une future agression russe et plaide pour des engagements de 30 à 50 ans, assortis de mécanismes d’application clairs.
- Moscou maintient ses exigences concernant le contrôle des territoires occupés et le rôle de l’OTAN, des points de blocage majeurs pour tout accord de paix.
Une proposition américaine de garanties de sécurité de 15 ans pour l’Ukraine marque une nouvelle étape dans la recherche d’une solution négociée au conflit avec la Russie. L’offre, confirmée par le président Volodymyr Zelensky après sa rencontre avec Donald Trump à Mar-a-Lago, en Floride, a ravivé les contacts diplomatiques de haut niveau, sans pour autant annoncer une paix imminente.
Si Washington évoque des progrès significatifs, Kyiv appelle à des engagements plus durables. Le président Zelensky a expliqué lundi que l’Ukraine considérait cette offre comme une avancée, tout en jugeant le délai de 15 ans insuffisant pour dissuader une éventuelle future agression russe. Il a plaidé pour des garanties de sécurité « beaucoup plus longues », allant de 30 à 50 ans, et assorties de mécanismes d’application concrets dès le premier jour.
Selon l’analyste international Francesco Tucci, le Donbass représente une ligne rouge pour les deux camps, où aucun ne semble disposé à faire des concessions.
Le nouveau plan de paix, présenté par les États-Unis il y a près d’un mois, comprend 28 points visant à mettre fin à la guerre en Ukraine. Kyiv l’a jugé trop favorable à Moscou et a élaboré, avec le soutien des Européens, une version alternative en 20 points, cherchant désormais l’appui de Donald Trump. Ce nouveau document exclut deux exigences clés du Kremlin : le retrait des troupes ukrainiennes du Donbass et l’abandon définitif de toute perspective d’adhésion de l’Ukraine à l’OTAN.
La réunion de dimanche à Mar-a-Lago s’est concentrée sur les principaux axes de cette nouvelle version du plan de paix. Les deux dirigeants ont examiné un plan en 20 points que Zelensky et Trump ont qualifié d’« avancé à plus de 90 % ». Le document prévoit des garanties de sécurité, un programme de cessez-le-feu supervisé et des engagements internationaux pour prévenir une reprise des hostilités.
L’avenir des territoires occupés, en particulier le Donbass, a également été abordé. Bien qu’il n’y ait pas de définitions précises pour l’instant, cette question reste l’une des plus sensibles des négociations et serait soumise à un cessez-le-feu prolongé et à des processus politiques ultérieurs. Vladimir Poutine exige la livraison totale du Donbass, tandis que Volodymyr Zelensky réclame le retrait des troupes russes.

Un soldat ukrainien se tient parmi les décombres d’immeubles résidentiels détruits par un bombardement russe dans la ville de Kostyantynivka, dans la région de Donetsk, en Ukraine. (Photo d’OLEG PETRASIUK / AFP).
Un autre point crucial concerne la sécurité et l’administration de la centrale nucléaire de Zaporijia, la plus grande d’Europe, actuellement sous contrôle russe. Cette question reste ouverte en raison de ses implications en matière d’énergie et de sécurité régionale.
Volodymyr Zelensky a souligné la nécessité d’une participation active de l’Union européenne dans les garanties de sécurité et la mise en œuvre de l’accord. Donald Trump, de son côté, a insisté sur l’importance d’un cadre transatlantique qui répartisse les responsabilités.
Donald Trump s’est montré optimiste dimanche, déclarant que nous sommes « plus proches que jamais » d’un accord mettant fin au conflit, sans toutefois entrer dans les détails. La Maison Blanche a rapporté que Trump avait eu un entretien « positif » avec son homologue russe, Vladimir Poutine, lundi.
Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, a déclaré lundi que la Russie était d’accord avec Trump sur le fait que les négociations, intensifiées depuis novembre, étaient entrées dans leur phase finale.
Les prochaines étapes prévoient la poursuite des négociations en janvier, avec de nouvelles séries de contacts incluant les dirigeants européens et d’éventuels mécanismes de validation politique de l’accord en Ukraine.
Francesco Tucci estime que la situation actuelle se résume en un mot : réalisme.
« Il est positif qu’il y ait des contacts à haut niveau, mais nous ne devons pas nous laisser emporter par un optimisme excessif. Nous avons déjà vu d’autres tentatives échouer. »
Francesco Tucci, analyste international
« Les négociations existent, certes, mais les positions sont très éloignées. Il faudra suivre de près l’évolution de ce processus », conclut-il.
