Publié le 6 octobre 2024 à 11h53. La démission surprise du Premier ministre français a provoqué une onde de choc sur les marchés financiers, accentuant les craintes concernant la dette publique et la stabilité politique du pays.
- Le CAC 40 a chuté de près de 2 %, repassant sous la barre des 8 000 points.
- Les banques françaises ont été particulièrement touchées, avec des baisses significatives pour BNP Paribas, la Société Générale et le Crédit Agricole.
- Le taux d’emprunt de l’État français à 10 ans a atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans, s’alignant sur celui de l’Italie.
La nouvelle de la démission de Sébastien Lecornu, acceptée par Emmanuel Macron au lendemain de l’annonce partielle de son gouvernement, a plongé les investisseurs dans l’incertitude. Les marchés ont réagi vivement dès ce lundi matin, traduisant les inquiétudes quant aux conséquences de cette crise politique.
Vers 10 heures, le CAC 40 a dégringolé de 2 %, avant de se stabiliser à -1,57 % vers 11 heures. Les établissements bancaires français, particulièrement sensibles aux risques liés à la dette souveraine, ont subi les plus fortes pertes. BNP Paribas a perdu 4,45 % vers midi, la Société Générale 5,85 % et le Crédit Agricole 4,25 %.
Parallèlement, l’euro a reculé de 0,63 % face au dollar, atteignant 1,1688 dollar pour un euro. À l’inverse, le cours de l’or a atteint un nouveau record, dépassant les 3 949 dollars l’once.
Selon Antoine Andreani, analyste chez XTB France,
« La démission de Lecornu plonge la scène politique dans l’incertitude. Les investisseurs craignent un effet domino sur la politique économique et budgétaire. »
Antoine Andreani, analyste chez XTB France
Un gestionnaire de fonds, interrogé par La Tribune, a même exprimé sa crainte d’une démission du Président de la République.
L’inquiétude se concentre particulièrement sur le taux d’emprunt de la France. L’obligation d’État française à 10 ans a grimpé à 3,59 % vers 11 heures, un niveau jamais atteint depuis plus de dix ans. Ce taux s’aligne désormais sur celui de l’Italie, qui empruntait autrefois à des conditions plus défavorables.
Antoine Andreani met en garde :
« Si le seuil des 3,60 % est franchi, la dette française pourrait être exposée à des attaques massives, amplifiant la nervosité des marchés. »
Antoine Andreani, analyste chez XTB France
L’écart de taux entre la France et l’Allemagne (le spread) a également augmenté de 2 % ce lundi, atteignant son plus haut niveau depuis janvier.
Les économistes soulignent les risques à long terme. Jack Ellen-Reynolds, de Capital Economics, estime que
« cette annonce renforce notre conviction qu’avec un emprunt public dépassant 5 % du PIB et un ratio d’endettement en hausse, la prime de risque sur les obligations d’État françaises va continuer de s’élargir. »
Jack Ellen-Reynolds, économiste chez Capital Economics
Alexandre Baradez, analyste chez IG, craint quant à lui une possible dégradation de la note de crédit de la France par les agences S&P et Moody’s.
En conséquence, la France pourrait être contrainte d’emprunter à des taux encore plus élevés, ce qui pèserait sur ses perspectives économiques. John Plassard souligne que le
« manque de confiance »
John Plassard
des investisseurs constitue un facteur aggravant.
