Publié le 2025-11-26 13:47:00. Des chercheurs britanniques ont découvert un moyen innovant de valoriser les rayonnements émis par les accélérateurs de particules, transformant un déchet énergétique en une source potentielle de radio-isotopes essentiels pour le traitement du cancer.
- La radiation capturée lors de l’arrêt des faisceaux de particules dans les accélérateurs peut être utilisée pour produire du cuivre-67, un radio-isotope utilisé en oncologie.
- Cette nouvelle technique ne perturbe pas les expériences scientifiques en cours, la production d’isotopes se faisant dans les zones de dissipation énergétique.
- Si elle est validée à grande échelle, cette méthode pourrait transformer les grandes installations scientifiques en « mini-usines » de radio-isotopes médicaux.
Une équipe de l’Université de York, au Royaume-Uni, a publié une étude révélatrice dans la revue Physical Review C, détaillant une méthode prometteuse pour récupérer l’énergie perdue lors des expériences menées avec des accélérateurs de particules. Loin d’être un simple gaspillage, cette radiation pourrait être transformée en radio-isotopes précieux pour la médecine nucléaire, notamment le cuivre-67 (⁶⁷Cu).
Les accélérateurs de particules, instruments complexes utilisant des champs électromagnétiques pour propulser des particules à des vitesses élevées, sont au cœur de la recherche en physique fondamentale. Ils permettent de simuler les conditions extrêmes qui règnent dans l’univers, comme celles produites par les rayons cosmiques frappant l’atmosphère terrestre, générant ainsi un flux de particules instables. L’environnement contrôlé des accélérateurs offre cependant une stabilité supérieure et ouvre la voie à diverses applications.
Le cuivre-67 est particulièrement intéressant en médecine nucléaire en raison de ses propriétés uniques. Il émet des particules capables de détruire les cellules cancéreuses tout en permettant un suivi précis du traitement grâce à des techniques d’imagerie. Des études préliminaires ont démontré son potentiel dans le traitement du cancer de la prostate, du neuroblastome et d’autres types de tumeurs. Cependant, sa production à l’échelle commerciale reste limitée et coûteuse, ce qui freine son utilisation généralisée.
L’innovation réside dans le fait que la production de ces radio-isotopes ne nécessite pas d’interrompre les expériences scientifiques en cours. Les chercheurs proposent de capter la radiation dans les zones où l’énergie du faisceau est dissipée, transformant ainsi un sous-produit en ressource utile. Les accélérateurs de particules pourraient ainsi assumer une double fonction.
Selon une communiqué de presse de l’Université de York, si cette méthode est validée à grande échelle, les grandes installations scientifiques pourraient se transformer en véritables « mini-usines » de radio-isotopes médicaux, sans compromettre leur mission première de recherche fondamentale.
Malgré ces perspectives encourageantes, des défis techniques et réglementaires importants subsistent. Il est nécessaire de concevoir des systèmes de confinement et de radioprotection adaptés, de caractériser les impuretés radioactives et de garantir que la production respecte les normes de qualité requises.
Si ces obstacles sont surmontés, cette nouvelle approche pourrait constituer une source supplémentaire de radio-isotopes essentiels pour les applications biomédicales, réduisant ainsi les pénuries qui entravent parfois le développement de traitements innovants.
Référence
Production non conventionnelle de ⁶⁷Cu utilisant le bremsstrahlung à haute énergie et l’évaluation de la section efficace. M. Eslami et al. Examen physique C (2025). DOOI :https://doi.org/10.1103/954z-cn34
