Publié le 4 janvier 2026 à 20h45. Une opération militaire américaine visant le président vénézuélien Nicolás Maduro, arrêté avec son épouse et accusé de trafic de drogue, rappelle l’intervention américaine de 1989 au Panama et l’arrestation de Manuel Noriega, également visé par des accusations similaires.
- Les États-Unis ont arrêté Nicolás Maduro et son épouse, Cilia Flores, les accusant de trafic de drogue.
- Washington reconnaît désormais Edmundo González Urrutia, un opposant, comme le leader légitime du Venezuela.
- L’opération américaine au Venezuela présente des similitudes avec l’intervention de 1989 au Panama, mais des différences significatives existent en termes de taille et de complexité.
L’arrestation de Nicolás Maduro par les États-Unis, révélée le 3 janvier 2026, a immédiatement évoqué le souvenir de l’opération “Just Cause” menée en 1989 au Panama. Dans les deux cas, les présidents en exercice, Manuel Noriega et Nicolás Maduro, sont accusés de liens avec le trafic de drogue et les États-Unis ont pris des mesures directes pour les destituer.
Après que la candidate de l’opposition vénézuélienne, Maria Corina Machado, a été empêchée de se présenter à l’élection présidentielle, Edmundo González Urrutia a pris le relais. Les États-Unis ont reconnu González comme le leader national légitime, une démarche similaire à celle adoptée en 1989 au Panama avec Guillermo Endara, l’opposant à Noriega.
En 1989, les États-Unis ont envahi le Panama pour destituer Noriega, qui s’était réfugié à l’ambassade du Vatican. Il s’est rendu aux autorités américaines le 3 janvier 1990, le même jour que l’arrestation de Maduro. Noriega a finalement été condamné à 40 ans de prison, mais a été libéré après 17 ans en raison de son bon comportement.
L’intervention américaine au Venezuela, bien que présentant des similitudes avec celle du Panama, se heurte à des défis considérablement plus importants. Douglas Farah, président de la société de conseil en sécurité nationale IBI Consultants, souligne que la radio publique nationale (NPR) a rapporté que le Venezuela est sept fois plus peuplé que le Panama et sa superficie est douze fois plus grande. Le terrain, composé de montagnes, de jungles et de côtes, rendrait une occupation militaire beaucoup plus complexe.
« Occuper le Venezuela est beaucoup plus difficile qu’intervenir au Panama. »
Douglas Farah, président de IBI Consultants
Les Nations Unies se sont déclarées “profondément alarmées” par l’opération américaine au Venezuela et l’arrestation de Maduro, craignant une violation du droit international et la création d’un “précédent dangereux”. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit se réunir le 5 janvier pour discuter de la situation.
En 1989, une majorité des membres du Conseil de sécurité des Nations Unies avait voté pour condamner l’invasion américaine du Panama, mais les États-Unis ont utilisé leur droit de veto pour bloquer l’adoption de la résolution. L’Assemblée générale des Nations Unies a ensuite adopté une résolution par 75 voix contre 20, déclarant que l’intervention américaine violait gravement le droit international.
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