Publié le 13 octobre 2025 à 15h06 HNE. La Cour suprême indienne a rejeté une demande d’enquête indépendante sur des allégations de fraude électorale soulevées par Rahul Gandhi, chef de l’opposition, lui laissant toutefois la possibilité de saisir la Commission électorale.
- La Cour suprême a refusé d’ordonner une enquête supervisée par un juge à la retraite sur les allégations de manipulation des listes électorales.
- Elle a invité le plaignant à s’adresser à la Commission électorale de l’Inde (CEI) s’il souhaite poursuivre cette affaire.
- Les allégations portent sur des irrégularités constatées dans les listes électorales de la circonscription de Bangalore Central et d’autres régions.
La Cour suprême a estimé que la requête, présentée comme étant d’intérêt public, ne justifiait pas son intervention directe. Les juges Surya Kant et Joymalya Bagchi ont déclaré que le plaignant était libre de soumettre ses préoccupations à la CEI. L’avocat représentant le plaignant, Rohit Pandey, avait plaidé pour une enquête indépendante, arguant qu’une précédente représentation auprès de la CEI était restée sans suite.
Cette décision intervient après que Rahul Gandhi a publiquement dénoncé une « fraude criminelle massive » lors des élections législatives de 2024, accusant le Bharatiya Janata Party (BJP) et la CEI de collusion. Il avait notamment affirmé que 100 250 « faux votes » avaient été enregistrés dans la circonscription de Mahadevapura, relevant de Bangalore Central, dans le but de favoriser un candidat du BJP. M. Gandhi avait également pointé du doigt cinq types d’irrégularités : doublons d’électeurs, adresses fausses ou inexistantes, regroupements excessifs d’électeurs à une même adresse, photographies invalides et utilisation abusive du formulaire 6.
Suite aux accusations de M. Gandhi, les directeurs électoraux du Karnataka et du Maharashtra lui ont demandé de fournir des preuves détaillées concernant les électeurs présumés frauduleux, ainsi qu’une déclaration sous serment. Le commissaire en chef des élections, Gyanesh Kumar, l’a averti le 17 août qu’il devait soit fournir un affidavit confirmant ses allégations dans un délai de sept jours, soit risquer de voir ses affirmations jugées infondées.
La requête rejetée par la Cour suprême demandait également l’adoption de directives contraignantes pour la CEI afin d’accroître la transparence, la responsabilité et l’intégrité dans la préparation et la gestion des listes électorales, notamment en mettant en place des mécanismes de détection et de prévention des inscriptions multiples ou fictives. Le plaignant soulignait que le principe d’élections libres et équitables est un élément fondamental de la Constitution indienne et ne peut être remis en question par des mesures législatives ou exécutives.
La pétition faisait également état de disparités avec d’autres États, citant le Maharashtra où près de 3,9 millions de nouveaux électeurs ont été ajoutés aux listes entre les élections législatives de 2024 et la période précédant les élections à l’Assemblée, une augmentation significative par rapport aux 5 millions d’ajouts enregistrés au cours des cinq années précédentes.
