Publié le 17 décembre 2025 06:01:00. Des allégations graves de maltraitance envers des patients d’un hôpital psychiatrique du sud de Dublin ont été révélées par une enquête indépendante, faisant état de négligence, d’agressions verbales et physiques, et de menaces. L’hôpital Bloomfield a présenté ses excuses et annoncé des mesures disciplinaires suite à ce rapport accablant.
- Des patients ont été laissés dans des conditions d’hygiène déplorables pendant des périodes prolongées.
- Des membres du personnel auraient eu recours à des gestes violents et à des propos dégradants envers les patients.
- L’enquête met en lumière des problèmes de surveillance clinique et une forte dépendance vis-à-vis du personnel intérimaire.
Une enquête indépendante a mis en évidence de graves manquements dans les soins prodigués aux patients de l’hôpital Bloomfield, situé à Rathfarnham, dans le sud de Dublin. Les faits ont été révélés suite à une plainte déposée par un assistant de santé (HCA) le 14 juillet, alertant sur des normes de soins inacceptables, notamment en ce qui concerne la gestion de l’incontinence.
Le rapport, consulté par The Irish Times, détaille des situations choquantes. Des patients attendaient des heures, voire plus, pour être lavés et changés après un épisode d’incontinence. Dans un cas précis, un patient a été retrouvé avec son cathéter retiré, immergé dans son urine, tandis qu’une employée, exaspérée, lui aurait lancé : « Je te déteste. »
Les abus ne se sont pas limités à la négligence. L’enquêteur, Tom Beegan, consultant en santé et sécurité au travail, a relevé des témoignages faisant état de violences physiques et verbales. Un patient aurait reçu une claque sur la cuisse lors d’un changement de protection contre l’incontinence, et un autre aurait été menacé d’une injection pour le forcer à coopérer. Une employée aurait également proféré des insultes à l’encontre d’un patient, lui disant : « Va te faire foutre. »
« Selon la prépondérance des probabilités, les sujets de préoccupation se sont effectivement produits. »
Tom Beegan, consultant en santé et sécurité au travail
L’hôpital Bloomfield, fondé par les Quakers en Irlande et géré par une association caritative, prend en charge des personnes souffrant de divers troubles de santé mentale, tels que la maladie de Huntington, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson, la démence et la schizophrénie. Il est principalement financé par la Health Service Executive (HSE), l’organisme public de santé irlandais.
Malgré ces révélations, l’enquêteur a souligné que la majorité du personnel semblait « déterminée à prodiguer aux patients des soins empreints de compassion et centrés sur le patient ». Cependant, le rapport met en évidence des lacunes importantes en matière de surveillance clinique et une dépendance excessive vis-à-vis du personnel intérimaire.
La direction de Bloomfield a réagi en affirmant prendre « très au sérieux » toute allégation d’inconduite et en annonçant l’ouverture d’une enquête interne. Des « changements divers » ont été mis en place pour prévenir de tels incidents à l’avenir, et des mesures disciplinaires seront prises à l’encontre des employés concernés.
« L’hôpital présente ses excuses pour la détresse causée à certains patients et à leurs familles et les rassure sur le fait que la direction n’a jamais toléré et ne tolérera aucune mauvaise conduite de la part de son personnel. »
Direction de l’hôpital Bloomfield
L’affaire intervient alors que le système de santé irlandais est confronté à des défis importants en matière de ressources et de qualité des soins. Plus d’informations sur l’enquête et les conclusions détaillées sont disponibles ici.
