Publié le 24 septembre 2024 à 19h11. Un litige judiciaire oppose des riverains du quartier de Rathmines à Dublin au conseil municipal, concernant l’autorisation accordée à un collège local de modifier son terrain de rugby sans permis de construire.
- Le tribunal de grande instance a réservé son jugement dans cette affaire.
- Les résidents estiment que le projet de réaménagement nécessite une évaluation d’impact environnemental.
- Le conseil municipal et l’école contestent ces allégations, affirmant que le projet entre dans le cadre des exemptions de planification.
Des habitants de Kenilworth Square à Dublin contestent devant la justice la décision du Conseil municipal de Dublin d’autoriser le St Mary’s College à transformer son terrain de rugby sans procédure d’appel d’offres. Le projet prévoit le remplacement de la pelouse existante par un revêtement synthétique, une réorientation des terrains et l’installation de clôtures.
En août 2024, le conseil municipal avait accordé au collège une dérogation de planification pour ces travaux. Cette décision a immédiatement suscité l’opposition du groupe de campagne local Protect Kenilworth Square et de Martin Joyce, un riverain, qui ont saisi la justice en demandant l’annulation de cette autorisation.
Les plaignants soutiennent que l’ampleur des travaux dépasse le cadre des exemptions de planification et que le conseil municipal n’a pas suffisamment pris en compte les conséquences environnementales du projet. Ils soulignent notamment l’importance historique et architecturale de Kenilworth Square, où 86 des 88 maisons sont classées monuments historiques.
Lors de l’audience de mercredi devant le juge David Nolan, l’avocat des résidents, Tom Flynn, a insisté sur le caractère « très important » des interventions prévues sur l’environnement existant. Il a mis en avant la nécessité de réaliser des excavations « majeures » (d’une profondeur d’environ 430 mm) à l’aide d’engins lourds. Selon lui, les exemptions de planification sont destinées à des aménagements de faible envergure.
« L’ampleur, le volume et la portée des travaux nécessaires au remplacement complet du terrain en herbe sortent du cadre envisagé par les réglementations d’exemption de planification. »
Tom Flynn, avocat des résidents
M. Flynn a également critiqué l’absence d’évaluation d’impact environnemental pour un projet de cette ampleur, situé à proximité immédiate de bâtiments protégés. Il a reproché au conseil municipal de ne pas avoir justifié sa conclusion selon laquelle le développement n’aurait pas d’impact significatif sur l’environnement.
Stephen Dodd, avocat du conseil municipal, a qualifié les arguments des résidents de « spéculatifs » et « hors de propos ». Il a affirmé que le projet relevait clairement des réglementations d’exemption. Jarlath Fitzsimons, avocat du St Mary’s College, a renchéri en soulignant que les résidents devraient « lire dans le règlement une formulation qui n’existe tout simplement pas » pour faire valoir leur point de vue.
Le conseil municipal estime que le projet se limite à une modification des installations scolaires existantes et ne constitue pas un « développement urbain » nécessitant une déclaration d’impact environnemental.
Le juge Nolan a remercié les parties et a annoncé qu’il rendrait sa décision ultérieurement.
