Publié le 18 novembre 2025 02:59:00. À l’approche des élections de 2026, une majorité des parlementaires péruviens en exercice briguent un nouveau mandat, mais les stratégies de positionnement sur les listes électorales révèlent des tensions internes et des jeux d’influence au sein des partis.
- Sur les 81 parlementaires candidats à la réélection, 58 % visent le Sénat et 40 % la Chambre des députés.
- Seulement deux législateurs ont choisi de se présenter au Parlement andin.
- Des désaccords internes et des stratégies de placement sur les listes, notamment via des « nominations », sont observés dans plusieurs partis.
La course à la réélection s’intensifie au Pérou, avec une majorité de parlementaires en exercice qui espèrent conserver leur siège lors des élections de 2026. Selon une analyse récente, 58 % des 81 législateurs candidats visent une place au Sénat, tandis que 40 % se présentent à la Chambre des députés. Un nombre étonnamment faible, seulement deux parlementaires, ont opté pour une candidature au Parlement andin.
Les stratégies de positionnement sur les listes électorales sont au cœur des enjeux. Les partis politiques utilisent des « nominations » pour placer des candidats, qu’ils soient affiliés ou non, et contourner parfois les règles habituelles. Dans le parti Renovación Popular, par exemple, la députée actuelle Patricia Chirinos ne figure pas sur la liste initiale et pourrait être nommée ultérieurement, en raison de divergences internes concernant son placement et son numéro sur la liste.
Cette situation se répète dans plusieurs formations politiques, témoignant des luttes internes pour le contrôle des listes et des positions stratégiques. Concernant le Sénat, 60 % des 47 membres du Congrès qui souhaitent y siéger postulent au système national, où la liste unique est considérée comme la plus avantageuse en raison du report de voix lié à la candidature présidentielle.
Seuls les candidats à la présidence de la République figurent en tête de liste pour le Sénat national, comme José Luna (Vamos) et Roberto Chiabra (Unité nationale). La députée Karol Paredes (Avanza País) occupe quant à elle la deuxième place sur sa liste, se présentant également comme vice-présidente.
José Williams (Avanza País), Alejandro Muñante (Renovación Popular), Flavio Cruz (Perú Libre) et le président actuel du Parlement, Fernando Rospigliosi (Fuerza Popular), se positionnent en troisième place. Pour le Sénat multiple (par circonscription), 19 parlementaires figurent sur les listes de leurs partis respectifs, la majorité occupant la première place.
Des informations récentes révèlent que José Cueto, ancien membre de Renovación Popular, pourrait également se présenter sous les couleurs du même parti, bien qu’il ait démissionné par la suite et siège actuellement sur le banc de l’Honneur et de la Démocratie.

José Cueto postulerait à Renovación Popular. Le législateur est arrivé au Congrès, en 2021, avec le parti céleste, mais a ensuite démissionné et reste à ce jour sur le banc de l’Honneur et de la Démocratie. (Photo : Congrès)
Deux parlementaires, Nelcy Heidinger (Paso) d’APP et Wilson Quispe (Puno) d’Ensemble pour le Pérou, sont également positionnés comme remplaçants, ne pouvant être élus que si des candidats réguliers de la liste renoncent.
Du côté de la Chambre des députés, 32 législateurs cherchent à être réélus, dont 17 en tête de liste dans leurs circonscriptions respectives. La députée Diana Gonzales (Avanza País) occuperait la troisième place à Lima, en tant que « nommée ». L’avenir d’Alejandro Cavero (Avanza País) reste incertain, son nom n’apparaissant pas sur la liste restreinte envoyée à l’ONPE.

Alejandro Cavero d’Avanza País présente un projet pour éviter le renvoi des juges et des procureurs suite à une évaluation par le JNJ. (Photo : Congrès)
Au sein de Podemos, l’incertitude plane autour du numéro attribué à Kira Alcarraz, qui a annoncé son intention de quitter le parti, mécontente de sa position (numéro 12 sur la liste pour Lima). Des tensions similaires existent au sein du parti Luna, en raison de l’inclusion de Raúl Noblecilla sur la liste présidentielle. De même, la députée Vivian Olivos (Fuerza Popular) a démissionné en raison de désaccords concernant les quotas sur les listes parlementaires.
Martin Cabrera, directeur exécutif d’Institutions, Politique et Communications (IPOC), explique que, malgré la faible popularité du Congrès, les partis continuent de nommer leurs représentants pour la réélection, car le vote préférentiel n’aura pas d’impact décisif sur ce processus.
« Les membres du Congrès qui pourront être réélus le seront grâce au vote fidèle des électeurs attachés à leur parti. »
Martin Cabrera, directeur exécutif d’Institutions, Politique et Communications (IPOC)
Le spécialiste souligne également que les partis ont tendance à placer leurs députés les plus fidèles en tête de liste, tandis que les nouveaux inscrits se retrouvent en positions moins favorables.
Enfin, seuls deux législateurs, Rosselli Amuruz (Avanza País) et José Arriola (Vamos), ont choisi de se présenter au Parlement andin, tous deux ayant fait l’objet de plaintes graves au cours de la législature en cours.
