Publié le 2024-02-29 14:52:00. La Chine envisage une réglementation radicale pour limiter la puissance des véhicules neufs, allant jusqu’à l’imposition de modes de conduite manuels et de systèmes de contrôle biométrique, afin de réduire le nombre croissant d’accidents de la route et d’améliorer son image internationale.
- Pékin pourrait interdire aux constructeurs automobiles de proposer des modèles capables d’atteindre les 100 km/h en moins de cinq secondes.
- Les modes de performance, comme le mode Sport, ne seraient accessibles qu’en activation manuelle à chaque démarrage du véhicule.
- Des mesures de sécurité supplémentaires concernent les poignées de porte, les batteries des véhicules électriques et l’utilisation de systèmes d’aide à la conduite (ADAS) couplés à une reconnaissance biométrique du conducteur.
Face à une augmentation des accidents de la route, notamment impliquant des conducteurs inexpérimentés, les autorités chinoises envisagent une approche préventive inédite. Plutôt que de multiplier les campagnes de sensibilisation, Pékin souhaite agir directement sur les performances des véhicules. Un projet de loi, actuellement en discussion au ministère de la Sécurité publique, prévoit des restrictions strictes pour les constructeurs automobiles, rapporté par Carnewschina.
L’objectif principal est de limiter la vitesse et de réduire les risques liés à une accélération trop rapide. Selon ce projet, les constructeurs ne pourraient plus proposer de véhicules capables d’atteindre les 100 km/h en moins de cinq secondes. Pour contourner cette limitation, ils pourraient proposer des modes de conduite plus agressifs – comme le mode Sport – mais ceux-ci devraient être activés manuellement à chaque démarrage du véhicule. Les départs canons aux feux rouges et les modes de performance activés par défaut seraient ainsi supprimés.
Cette initiative ne se limite pas aux voitures thermiques. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables (PHEV) seraient également concernés par de nouvelles exigences de sécurité. Ils devraient être équipés d’un système capable de limiter les accélérations involontaires. En cas de changements de vitesse brusques ou de comportements suspects, le logiciel interviendrait pour réduire le couple et alerter le conducteur par des signaux visuels. Dans des situations critiques, comme un changement de vitesse de 25 km/h en 150 millisecondes ou le déploiement d’un airbag, le véhicule pourrait même couper l’alimentation.
Au-delà de la performance, le projet de loi aborde également des questions de sécurité passive. Il propose notamment une solution au problème des poignées de porte rétractables, qui ont été impliquées dans plusieurs accidents où les passagers étaient piégés. Le texte prévoit l’obligation d’avoir au moins deux portes faciles à ouvrir de l’intérieur et de l’extérieur, même en cas de panne électrique. Il suggère également l’utilisation de verre trempé facilement cassable et l’interdiction des films teintés sur les vitres, afin de faciliter l’intervention des secours.
Les bus électriques et les PHEV seraient soumis à des normes encore plus strictes en matière de sécurité des batteries. Il est prévu que celles-ci ne doivent pas exploser dans les cinq minutes suivant une alerte, laissant ainsi suffisamment de temps pour évacuer les passagers. Enfin, la Chine envisage d’intégrer un système de reconnaissance biométrique pour vérifier l’état de vigilance du conducteur et s’assurer qu’il est apte à utiliser les systèmes d’aide à la conduite (ADAS). Ce système contrôlerait le regard et l’utilisation des mains, bloquant les jeux, les vidéos et toute autre source de distraction dès 10 km/h.
Cette approche radicale pourrait avoir des répercussions au-delà des frontières chinoises. Si elle s’avère efficace, elle pourrait inciter d’autres pays, notamment en Europe, à reconsidérer leurs stratégies de sécurité routière, qui n’ont pas toujours donné les résultats escomptés. Avec un marché automobile de 30 millions de véhicules par an, la Chine pourrait ainsi devenir un laboratoire d’expérimentation dont les conclusions seraient difficiles à ignorer.
L’initiative chinoise vise également à protéger l’image internationale du pays, ternie par la multiplication des accidents de la route et des vidéos virales de crashes souvent causés par des erreurs simples. Les autorités considèrent que ces incidents nuisent à la réputation de la Chine et souhaitent prendre des mesures pour y remédier.
