Publié le 14 octobre 2023. Le char robotisé Uran-9, présenté comme un fleuron de l’industrie de défense russe, n’a pas tenu ses promesses sur le champ de bataille ukrainien, révélant les limites de la robotisation terrestre russe malgré des années d’investissements et de publicité.
- L’Uran-9, un véhicule de combat téléopéré, n’a pas été déployé avec succès en Ukraine.
- Des tests antérieurs en Syrie et des évaluations internes russes ont déjà mis en évidence des problèmes de fiabilité et de performance.
- Le système, malgré ses caractéristiques techniques avancées sur le papier, souffre de pertes de contrôle, de difficultés en milieu urbain et d’armes inopérantes.
Promu par Rostech depuis 2016 et officiellement adopté en 2019, l’Uran-9 (poids de 12 tonnes, longueur de 5 mètres) devait révolutionner la guerre blindée. Il est équipé d’un canon de 30 mm (2A72), d’une mitrailleuse coaxiale de 7,62 mm, de missiles antichars (9M120-1 ATAKA) et de roquettes. Sa vitesse maximale est de 35 km/h sur route et de 24 km/h en tout-terrain. Il est censé offrir une protection contre les projectiles et les armes à tir, ainsi que des systèmes de détection thermique et électro-optique.
Cependant, dès les premiers essais, des voix discordantes se sont élevées au sein même de l’industrie russe de la défense. En 2018, lors d’une conférence à Saint-Pétersbourg, Andrei Anisimov, chercheur principal au 3e Institut central de recherche du ministère de la Défense, a déclaré sans ambages :
« L’Uran-9 n’est pas capable d’accomplir les tâches qui lui sont assignées. »
Andrei Anisimov, chercheur principal
Il a notamment souligné des pertes de contrôle répétées, une gestion inefficace en zone urbaine et l’impossibilité d’utiliser ses armements.
Une analyse de BAE Systems sur les programmes russes de véhicules terrestres non habités (UGV) confirmait ces doutes, qualifiant l’Uran-9 de “peu fiable”. Le rapport soulignait l’inefficacité de ses capteurs thermiques et électro-optiques et un manque de stabilisation, entraînant des “lacunes importantes” lors des opérations de combat.
Malgré des efforts de commercialisation auprès de partenaires au Moyen-Orient et en Asie, notamment des discussions avec le Myanmar qui suit de près le développement du système, aucune vente publique n’a été finalisée.
Depuis l’invasion de l’Ukraine en 2022, aucune utilisation confirmée de l’Uran-9 au combat n’a été signalée. Les forces russes semblent privilégier des solutions de fortune, des ateliers de terrain improvisés pour des missions spécifiques, illustrant un fossé entre les ambitions affichées et la réalité opérationnelle.
Pour le Defence Blog, l’Uran-9 représente un symbole coûteux de promesses non tenues et met en lumière les limitations de la robotisation terrestre russe. Lire l’article complet sur The Defense Post.
Par ailleurs, l’Ukraine a récemment annoncé la création d’une nouvelle unité dédiée aux systèmes terrestres robotisés de combat au sein de sa 3e brigade d’assaut.
