Publié le 7 décembre 2025 à 00:23:00. L’élection présidentielle au Honduras est plongée dans une crise de confiance, marquée par des retards de dépouillement, des accusations de fraude et des doutes sur la fiabilité du processus électoral. Le candidat conservateur Nasry Asfura, soutenu par Donald Trump, arrive en tête, mais le résultat reste incertain.
- Nasry Asfura, le candidat conservateur bénéficiant du soutien de Donald Trump, est actuellement en tête du scrutin avec 40,20 % des voix.
- L’Organisation des États américains (OEA) a critiqué de graves lacunes dans l’organisation et l’exécution du décompte des voix, appelant à une accélération du processus.
- Le parti Libre au pouvoir dénonce une fraude électorale massive et exige l’annulation du scrutin présidentiel.
Le dépouillement des votes au Honduras est au point mort depuis le week-end, sans que les autorités électorales n’expliquent les raisons de ces retards. Avec plus de 88 % des bulletins dépouillés, Nasry Asfura devance son principal rival, le libéral Salvador Nasralla, qui recueille 35,9 % des suffrages. Cette situation alimente les tensions et les accusations de manipulation.
La mission d’observation électorale de l’OEA, dirigée par l’ancien ministre des Affaires étrangères du Paraguay, Eladio Loizaga, a pointé du doigt un « manque flagrant d’expertise » dans la gestion du décompte. Dans un communiqué publié samedi, l’organisation a souligné des « retards évidents » et des problèmes techniques, notamment des « intermittences » dans le traitement du matériel électoral. Elle a également dénoncé le manque de transparence, en particulier l’indisponibilité périodique des résultats publiés sur le site du Conseil national électoral (CNE).
L’OEA insiste sur la nécessité de garantir la « traçabilité » des opérations et la « certitude » des résultats. Elle recommande que les étapes restantes du processus, y compris le décompte des bulletins non encore comptabilisés, la phase de contrôle spécial et la phase de contestation, soient réalisées avec « une totale clarté, une efficacité maximale et sans aucun type de retard ». L’organisation a salué l’attitude de patience de certains acteurs, tout en appelant les citoyens et les partis politiques à exercer leur droit de contrôle.
Le parti Libre, au pouvoir, a formellement dénoncé une fraude électorale et réclame l’annulation du scrutin présidentiel. Marlon Ochoa, un conseiller du CNE représentant Libre, a accusé des forces obscures de tenter un « coup d’État » et de commettre une « fraude électorale » contre leur candidate, Rixi Moncada. Selon lui, 86,6 % des procès-verbaux présentent des « erreurs et des incohérences », et des défaillances structurelles « graves » ont été constatées, notamment des retards dans la transmission des résultats et des falsifications de numéros de vote via le système de transmission des résultats préliminaires (TREP).
Libre conteste le résultat qui place Rixi Moncada en troisième position, avec seulement 19 % des voix, et refuse de reconnaître un résultat qu’elle juge contraire à la volonté des électeurs. Salvador Nasralla a rejeté cette demande d’annulation, estimant qu’il faut plutôt « compter ce qui a déjà été voté ». Il a attribué les problèmes rencontrés à l’entreprise colombienne ASD, chargée du recomptage, qu’il juge peu fiable et engagée à la dernière minute. Voir le tweet de HCH Televisión Digital
Nasry Asfura, le candidat soutenu par Donald Trump, n’a pas encore pris la parole publiquement sur ces accusations. Il avait toutefois prévenu jeudi qu’il ne ferait aucune déclaration susceptible d’alimenter l’incertitude. Plus d’informations sur la situation d’Asfura
