La capacité de la Russie à financer sa guerre en Ukraine est de plus en plus compromise par la chute de ses revenus pétroliers et gaziers, ainsi que par l’épuisement de ses réserves financières. Les difficultés économiques de Moscou s’accentuent alors que le conflit s’enlise.
En 2025, les recettes tirées du pétrole et du gaz russe ont atteint leur plus bas niveau depuis cinq ans, conséquence directe des sanctions occidentales qui pèsent sur ses exportations de gaz et de la baisse des prix du pétrole brut, selon des informations récentes. Le ministère russe des Finances a annoncé le 15 janvier que les taxes sur le pétrole et le gaz ont rapporté au budget fédéral un total de 8,48 billions de roubles (environ 108 milliards de dollars américains, soit 80,5 milliards de livres sterling), soit une diminution de 24 % par rapport à 2024, a rapporté Bloomberg.
Cette baisse des revenus est également liée à la valeur du rouble. Bien qu’un rouble plus fort ait augmenté le pouvoir d’achat de Moscou sur le marché mondial et facilité l’importation de biens en contournant les sanctions, cela a eu un impact négatif sur les bénéfices à l’exportation de la Russie, estiment les experts.
En 2024, les revenus pétroliers et gaziers représentaient environ 30 % des recettes fédérales totales de la Russie, mais ils ont diminué de 22 % en 2025. Le ministre des Finances russe, Anton Siluanov, a d’ailleurs reconnu en septembre 2025 que la part des revenus provenant des ventes de pétrole et de gaz devrait diminuer d’environ 30 % en 2026.
L’Institut pour l’étude de la guerre (ISW) souligne que la Russie a progressivement puisé dans ses réserves de liquidités au cours des quatre dernières années de guerre. Plus de la moitié de son fonds souverain a été déployée pour combler le fossé croissant entre les revenus et les dépenses, obligeant le pays à recourir à des emprunts coûteux qui prendront des années à rembourser. L’ISW précise que ce fonds d’investissement public, initialement destiné à éviter l’endettement, a vu ses réserves s’amenuiser, notamment avec la vente de réserves d’or fin novembre 2025.
Selon l’ISW, « Poutine a gravement mal géré l’économie russe, qui souffre de dépenses militaires insoutenables, de pénuries de main-d’œuvre importantes et de la réduction du fonds souverain russe. » L’organisation estime que le renforcement des sanctions occidentales, combiné au soutien militaire continu à l’Ukraine, aura un impact supplémentaire sur l’économie russe et sa capacité à financer un conflit prolongé.
