Publié le 18 janvier 2024 à 13h14. L’établissement Sadler’s, nouvelle adresse gastronomique du comté de Tipperary, propriété du magnat de l’élevage John Magnier, peine à convaincre un critique culinaire, malgré un cadre somptueux et des prix élevés.
- Le restaurant, situé à Fethard, propose une carte ambitieuse mais déçoit par la qualité de ses plats et le manque de maîtrise technique en cuisine.
- Le risotto aux champignons sauvages, plat phare de la carte, est particulièrement critiqué pour son utilisation d’orge perlé et des champignons cultivés, ainsi que pour un goût rance.
- Le service, bien que courtois, manque de réactivité et d’attention aux remarques des clients.
John Magnier, milliardaire irlandais dont les intérêts dans le monde équestre sont bien établis, étend son empire économique au comté de Tipperary, où il possède déjà de vastes terres. Outre ses activités d’élevage, il s’est lancé dans l’hôtellerie avec le luxueux Cashel Palace Hotel, doté d’un restaurant étoilé au Michelin, et le pub gastronomique Mikey Ryan’s. Sadler’s, son dernier projet, a ouvert ses portes dans l’ancienne demeure de feu Dooks, à Fethard.
L’ambiance du restaurant est résolument équestre, avec des murs ornés de photographies et d’objets liés au monde des chevaux, en hommage au célèbre étalon pur-sang Sadler’s Wells. Malgré une décoration soignée et un espace généreux, l’expérience culinaire s’avère décevante, comme l’a constaté notre critique lors d’une visite en plein mois de janvier.
Le repas commence par un soda bread brun accompagné d’une soupe de pommes de terre et de poireaux (6,95 €). Si le pain est agréable, la soupe manque d’assaisonnement et révèle un goût de légumes de récupération. « Je n’ai pas le goût de la pomme de terre, dit The Gambler. En fait, je n’ai pas non plus le goût du poireau. »
Pour sa part, le critique opte pour une salade de betteraves héritage, labneh de brebis, noisettes confites, mûres et vinaigrette balsamique (14,95 €). La betterave, bien que rôtie, reste fibreuse et manque de saveur. Le labneh, censé être crémeux, est dense et fade, tandis que les mûres, sorties du congélateur, apportent une touche glaciale et peu fruitée. Les noisettes, torréfiées mais non caramélisées, ne rehaussent pas le plat. La salade se résume à trois feuilles solitaires.
L’attente est grande pour le risotto aux champignons sauvages (18,50 €), mais la déception est à la hauteur des espoirs déçus. L’utilisation d’orge perlé, bien que non problématique en soi, transforme le plat en une expérience gustative différente. Les champignons, plutôt cultivés que sauvages, sont complétés par des champignons de Paris communs et surmontés d’une huître royale imposante. Cependant, cette dernière, loin d’être caramélisée comme elle aurait dû l’être, présente un goût rance rappelant l’huile de friture périmée. Une demande d’explication auprès du serveur reste sans réponse.
Le burger de Donald Walsh (21,50 €), proposé par The Gambler, est plus convaincant, bien que la viande soit tassée et la croûte du pain trop cuite. Les frites du jour (6,50 €), accompagnées de parmesan râpé et d’une mayonnaise Sadler’s savoureuse, constituent un point positif du repas.
Le repas se termine par un pudding au caramel collant (10,95 €), qui, bien que correct, ne parvient pas à élever le niveau de l’expérience. Le service, bien que charmant, manque de professionnalisme et d’attention aux clients.
En conclusion, Sadler’s semble proposer une carte ambitieuse mais mal exécutée, reflétant un manque de compétences et de passion en cuisine. Malgré un cadre luxueux et des prix élevés, l’établissement peine à convaincre et laisse un sentiment de déception. « Si ce repas était un cheval, le vétérinaire de l’hippodrome se glisserait derrière un paravent pour le mettre hors de sa misère. »
