Publié le 15 janvier 2026 16:47:00. Les députés ont d’ores et déjà marqué les esprits en entamant l’examen du projet de loi de finances pour 2026, avec des votes controversés qui mettent à mal l’équilibre budgétaire et inquiètent les collectivités territoriales.
- L’article liminaire du PLF 2026, présentant les prévisions budgétaires, a été supprimé par un amendement de La France insoumise.
- Un amendement du Rassemblement national a été adopté, prévoyant une baisse de 4,9 milliards d’euros (soit une diminution de 27,4% ) de la dotation globale de fonctionnement (DGF) des collectivités territoriales.
- La ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation dénonce une déstabilisation des débats budgétaires et un impact potentiellement lourd pour les communes.
L’examen du projet de loi de finances pour 2026 a débuté mardi 13 janvier par des rebondissements inattendus. Dès l’ouverture des discussions, les députés ont voté, grâce à un amendement déposé par La France insoumise (LFI), la suppression de l’article liminaire du texte. Cet article présentait les prévisions du solde budgétaire pour l’année 2026. Une décision jugée inconstitutionnelle par la ministre de l’Action et des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
Mais c’est le vote d’un amendement du Rassemblement national (RN) qui a suscité l’émoi, mercredi soir. Avec 57 voix pour et 47 contre, les députés ont approuvé une proposition visant à réduire la dotation globale de fonctionnement (DGF) – la principale ressource financière des collectivités territoriales – de 4,9 milliards d’euros en 2026. Si cette mesure était appliquée, la DGF passerait de 27,4 milliards d’euros à 22,5 milliards d’euros cette année.
Françoise Gatel, ministre de l’Aménagement du territoire et de la Décentralisation, a réagi avec fermeté à cette décision. Dans un entretien exclusif accordé à La Tribune, elle a déclaré :
« Je m’étonne du traitement qui est réservé aux collectivités par un parti qui ne cesse de considérer que l’État abandonne les territoires, et qui dans le même temps porte un amendement qui consiste à baisser la DGF de manière brutale. Cela aurait un impact très lourd pour les communes, contraire à la volonté du gouvernement qui souhaite un budget responsable qui ne lèse pas les collectivités. C’est une déstabilisation violente des débats sur le budget qui dessert tant les parlementaires que les collectivités. »
L’indignation est palpable du côté des élus locaux. Franck Leroy, président de la région Grand Est (anciennement Horizons), a exprimé son mécontentement :
« Nous sommes conscients que le monde des collectivités doit participer, à sa juste mesure, à l’effort du redressement des comptes publics, mais là, c’est le grand concours du n’importe quoi. »
Ces votes, bien que provisoires, soulèvent des questions sur la direction que prendra le budget de l’État et sur les conséquences pour les collectivités territoriales. L’évolution de ce dossier sera suivie de près dans les prochains jours.
