Publié le 17 novembre 2025 à 15h36. Malgré une perte trimestrielle importante, les actions d’Oncocliniques (ONCO3) ont connu une hausse inattendue en Bourse, alimentée par l’espoir d’une amélioration de la situation financière de l’entreprise.
- Les actions d’Oncocliniques ont augmenté de 20,69 %, atteignant 2,10 R$ (environ 0,38 €) en milieu de journée.
- L’entreprise a annoncé une perte comptable de près de 2 milliards de R$ (environ 360 millions d’euros) pour le troisième trimestre 2025.
- Les analystes financiers estiment que le marché avait déjà intégré cette performance négative et se concentre désormais sur les signes d’assainissement financier.
L’action Oncocliniques (ONCO3) a surproné les observateurs ce lundi, affichant une progression de 20,69 % pour se négocier à 2,10 R$ (environ 0,38 €) vers 11h55, heure de Brasilia. Ce rebond intervient en dépit de la publication de résultats trimestriels décevants, avec une perte comptable avoisinant les 2 milliards de R$ (environ 360 millions d’euros) au troisième trimestre de 2025.
Selon les analystes, cette réaction du marché s’explique par une anticipation des mauvaises nouvelles et, surtout, par un regain d’optimisme quant à la capacité de l’entreprise à redresser sa situation financière. La rupture d’accords jugés défavorables, l’amélioration du cycle financier et l’augmentation de capital récente sont perçues comme des étapes cruciales dans un processus de restructuration ambitieux.
JPMorgan, qui maintient une recommandation de « sous-pondération » (indiquant un potentiel de sous-performance par rapport à ses concurrents) sur ONCO3, reconnaît que le trimestre a été inférieur aux attentes. Le bénéfice ajusté par action s’est établi à -0,18 R$ (environ -0,03 €), en nette baisse par rapport aux +0,01 R$ (environ 0,002 €) de l’année précédente et inférieur aux prévisions de la banque (-0,05 R$ ou environ -0,009 €). JPMorgan souligne une diminution des revenus, conséquence de la décision de l’entreprise de réduire son exposition aux opérateurs proposant des délais de paiement plus longs. L’Ebitda ajusté (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) a chuté d’environ 30 %, s’établissant à 204 millions de R$ (environ 36,7 millions d’euros).
La banque attire également l’attention sur la consommation de trésorerie, qui s’élève à 150 millions de R$ (environ 27 millions d’euros) pour le trimestre et à environ 700 millions de R$ (environ 126 millions d’euros) sur les douze derniers mois, ainsi que sur un niveau d’endettement élevé, proche de sept fois la dette nette par rapport à l’Ebitda. Le principal point noir du trimestre, selon JPMorgan, réside dans des dépréciations d’actifs d’environ 1,8 milliard de R$ (environ 324 millions d’euros).
Ces dépréciations comprennent une provision totale de 865 millions de R$ (environ 156 millions d’euros) sur les créances d’Unimed Ferj, une réduction de 466 millions de R$ (environ 84 millions d’euros) liée à trois hôpitaux et 217 millions de R$ (environ 39 millions d’euros) associés à Banco Master. La banque estime que ces éléments pourraient peser sur le titre, même si l’attention des investisseurs semble se porter sur d’autres aspects.
Goldman Sachs, qui maintient une recommandation « neutre » (absence de potentiel de hausse ou de baisse significatif), partage une analyse similaire. La banque rappelle que les dépréciations exceptionnelles de 1,6 milliard de R$ (environ 288 millions d’euros) représentent environ 70 % de la valeur marchande de l’entreprise et sont liées à d’anciennes dettes, à des projets annulés et à des cessions d’actifs.
Malgré ces difficultés, les analystes soulignent une génération organique de trésorerie positive de 84 millions de R$ (environ 15 millions d’euros), grâce à une amélioration significative du fonds de roulement. Le flux de trésorerie d’exploitation a atteint 151 millions de R$ (environ 27,2 millions d’euros), après avoir été négatif de 449 millions de R$ (environ 81 millions d’euros) le trimestre précédent, l’entreprise ayant réduit ses activités avec des partenaires considérés comme financièrement fragiles.
Goldman Sachs note que la dette nette a augmenté de 170 millions de R$ (environ 30,6 millions d’euros) en raison de la provision de 217 millions de R$ (environ 39 millions d’euros) pour Banco Master, mais rappelle que l’augmentation de capital de 1,4 milliard de R$ (environ 252 millions d’euros), dont le règlement financier est prévu ce mardi 18 novembre, devrait alléger la structure financière. Selon les projections de la banque, l’endettement devrait diminuer pour atteindre un ratio de 3 fois la dette nette par rapport à l’Ebitda ajusté, en tenant compte des effets de la norme comptable IFRS 16, qui encadre la comptabilisation des contrats de location. Goldman Sachs estime que l’action ne pourra afficher des multiples plus élevés qu’une fois que l’entreprise aura démontré une génération de trésorerie récurrente, tout en constatant des progrès récents dans la vente d’actifs et la fin du contrat avec Unimed Ferj.
Bradesco BBI, qui maintient une recommandation de « sous-performance » (rendement potentiel inférieur à celui du marché), présente une analyse similaire à celle de Goldman Sachs. Les stratèges affirment que les résultats ont montré une amélioration, même si l’Ebitda est inférieur de 4 % à leurs estimations internes. La consommation de trésorerie a été inférieure aux prévisions, s’élevant à 170 millions de R$ (environ 30,6 millions d’euros) contre 307 millions de R$ (environ 55,3 millions d’euros) attendus.
BBI souligne que le cycle de trésorerie a augmenté de 16 jours au cours du trimestre, atteignant 25 jours. Les créances, hors Unimed Ferj, sont tombées à 88 jours. L’Ebitda a augmenté de 36 % au cours du trimestre et aurait atteint 234 millions de R$ (environ 42,2 millions d’euros) en tenant compte de l’effet des ventes d’hôpitaux. L’augmentation de capital de 1,415 milliard de R$ (environ 255 millions d’euros) a également été prise en compte, réduisant la dette nette pro forma à 2,9 milliards de R$ (environ 523 millions d’euros), soit près de 3,7 fois l’Ebitda annualisé sans IFRS 16. La banque maintient pour l’instant sa recommandation négative, mais reconnaît que la baisse de 66 % des actions en trois mois et l’amélioration opérationnelle réduisent une partie du risque.
