Publié le 24 mai 2024. Une étude menée simultanément au Canada et en Inde démontre que la réalité virtuelle (RV) représente un outil de formation prometteur en traumatologie pédiatrique, particulièrement dans les environnements où les ressources sont limitées et l’expérience en simulation est faible.
- La réalité virtuelle est perçue comme un outil d’apprentissage utile et facile à utiliser par les professionnels de santé, avec un impact plus significatif en Inde qu’au Canada.
- Les participants sans formation préalable en traumatologie ont affiché des scores plus élevés en termes d’acceptation technologique.
- La confiance des soignants dans leur capacité à gérer les traumatismes pédiatriques a augmenté de manière significative après la simulation en RV, plus fortement en Inde (+30,6 %) qu’au Canada (+14,4 %).
La simulation par réalité virtuelle s’impose de plus en plus comme une alternative immersive et économique aux méthodes de formation traditionnelles en traumatologie. Cependant, son efficacité peut varier considérablement en fonction des ressources disponibles et du niveau de formation des utilisateurs. Une étude prospective quasi expérimentale a été menée pour évaluer l’acceptation, l’efficacité, la convivialité et l’impact sur la confiance des professionnels de santé utilisant un module de formation en traumatologie pédiatrique basé sur la RV, en comparant les résultats obtenus en Inde et au Canada.
Soixante professionnels de santé – ambulanciers paramédicaux, médecins, infirmières, techniciens d’urgence et étudiants en médecine – âgés de 25 à 35 ans, ont participé à cette étude. Vingt-sept d’entre eux ont été formés au Christian Medical College Ludhiana, en Inde, tandis que 33 ont suivi la formation au Centre Steinberg de simulation et d’apprentissage interactif de l’Université McGill, à Montréal, au Canada. Les participants ont évalué leur expérience à l’aide de différents outils, notamment le Modèle d’Acceptation Technologique (TAM), l’échelle d’utilisabilité du système (SUS) et le Questionnaire sur la Maladie de la Réalité Virtuelle (VRSQ).
Les résultats ont révélé que 67 % des participants n’avaient aucune expérience préalable de la réalité virtuelle et 48 % n’avaient pas de formation spécifique en traumatologie. L’étude n’a pas mis en évidence d’impact significatif du sexe ou de l’âge sur les résultats. En revanche, les participants novices en traumatologie ont exprimé une plus grande utilité perçue de la RV dans toutes les catégories évaluées. L’expérience antérieure en RV était similaire dans les deux pays (33 %), mais une différence notable a été observée concernant la formation formelle en simulation : 85 % des participants canadiens en avaient reçu, contre seulement 11,1 % des participants indiens (p ≤ 0,0001). L’utilité moyenne perçue du module de RV était également significativement plus élevée en Inde (82 %) qu’au Canada (65,6 %) (p ≤ 0,0011), de même que la facilité d’utilisation (57,8 % en Inde contre 70,4 % au Canada) (p ≤ 0,0201).
La confiance des participants dans leur capacité à gérer les traumatismes pédiatriques a augmenté de manière significative après la simulation, de 14,4 % au Canada à 30,6 % en Inde (p ≤ 0,0001). Ces résultats suggèrent que la réalité virtuelle a eu un impact plus important dans le contexte indien, où l’accès à la formation en simulation est plus limité.
Selon les chercheurs, la réalité virtuelle représente un outil de formation réalisable et bien accepté en traumatologie pédiatrique, particulièrement bénéfique dans les environnements à ressources limitées et pour les professionnels de santé débutants. La faible incidence de la cybermaladie observée justifie son utilisation en complément des méthodes de formation traditionnelles. La RV pourrait ainsi contribuer à combler les lacunes en matière d’éducation sur la traumatologie, en particulier dans les régions où l’expérience préalable en simulation est rare.
Mots-clés : santé mondiale ; formation médicale ; traumatologie pédiatrique ; formation par simulation ; réalité virtuelle.
