Publié le 2024-10-27 14:35:00. L’UNESCO intensifie son action en Afrique pour accompagner les États dans l’intégration éthique et responsable de l’intelligence artificielle, avec des programmes de formation ambitieux pour les fonctionnaires, les juges et les enseignants, ainsi qu’un nouvel outil d’aide à la décision pour les politiques publiques.
- L’UNESCO lancera officiellement l’initiative de l’IA pour l’Afrique, une feuille de route pour guider les actions futures sur le continent.
- Plus de 15 000 fonctionnaires africains seront formés à l’utilisation de l’IA et à la gestion des défis de la transformation numérique.
- Un nouvel outil d’assistance politique numérique, développé avec la présidence sud-africaine du G20, est mis à disposition des gouvernements pour concevoir et mettre en œuvre des politiques d’IA alignées sur les normes internationales.
Dès 2018, Audrey Azoulay, Directrice générale de l’UNESCO, avait souligné la nécessité d’un cadre éthique mondial pour l’intelligence artificielle, reconnaissant à la fois son potentiel de développement et les risques qu’elle représente pour les droits fondamentaux. L’adoption d’un texte normatif en 2021 a marqué une étape importante, et depuis, l’UNESCO s’est engagée concrètement dans 77 pays, dont 29 en Afrique, pour intégrer ces principes dans leurs stratégies nationales et leurs politiques publiques. En 2024, l’organisation a également apporté son soutien à l’Union africaine dans l’élaboration de sa stratégie continentale sur l’IA.
La conférence actuelle marque le lancement officiel de l’initiative de l’IA pour l’Afrique, une feuille de route ambitieuse destinée à structurer les actions à venir sur le continent. L’UNESCO prévoit de former plus de 15 000 fonctionnaires à l’utilisation de l’intelligence artificielle et à la gestion des défis liés à la transformation numérique. Cette formation sera étendue à des milliers d’autres agents publics grâce à l’alliance spaark-ai, une alliance internationale des écoles nationales et régionales d’administration publique lancée cette année et qui compte déjà 45 États africains.
Consciente de l’impact croissant de ces nouvelles technologies sur le système judiciaire, l’UNESCO prévoit également de former 5 000 juges et procureurs. Une enquête mondiale menée par l’organisation en 2024 a révélé que 44 % des professionnels du droit utilisent déjà des outils d’intelligence artificielle, tels que ChatGPT, dans leur travail, mais que seulement 9 % d’entre eux ont reçu une formation spécifique. Ce manque de préparation expose les juges et les procureurs au risque de violer involontairement les droits de l’homme, notamment le droit à la vie privée, le droit à la non-discrimination et le droit à la liberté d’expression.
Pour préparer les générations futures aux défis d’un monde numérique, l’UNESCO formera 2 000 enseignants et étudiants à travers l’ Initiative de codage des jeunes, ainsi que 30 décideurs politiques de 15 pays africains. Un incubateur panafricain sera également mis en place pour soutenir 1 500 chercheurs dans le développement de l’IA.
Parallèlement, l’UNESCO a dévoilé un nouvel outil d’assistance politique numérique, développé en collaboration avec la présidence sud-africaine du G20. Cet outil, accessible à l’adresse Installation d’assistance aux politiques technologiques, vise à aider les gouvernements, les chercheurs et les organisations de la société civile à concevoir, à mettre en œuvre et à évaluer les politiques relatives à l’intelligence artificielle. Il propose des études de cas détaillées, des ressources de formation et un répertoire d’experts de l’UNESCO et internationaux. L’outil soutiendra les décideurs politiques des pays membres du G20 ainsi que ceux des pays en développement, en leur permettant de créer des feuilles de route personnalisées pour l’utilisation de l’IA au niveau national, en conformité avec les normes internationales. Il couvre cinq domaines politiques clés, allant de l’infrastructure à l’innovation, et constitue une ressource précieuse pour tous les acteurs impliqués dans la politique de l’IA.
