Publié le 9 décembre 2023 10h45. L’amiral Frank Bradley, commandant des opérations spéciales américaines, a confirmé devant le Congrès que le Pentagone a ordonné le naufrage d’un bateau de trafiquants de drogue en mer des Caraïbes, une opération qui a suscité des questions sur la légalité des ordres donnés aux forces armées.
- L’amiral Bradley a affirmé que l’opération était légale et autorisée par le secrétaire américain à la Défense, Pete Hegseth.
- Les 11 personnes à bord du navire figuraient sur une liste noire militaire américaine en raison de liens présumés avec le terrorisme et le trafic de drogue.
- L’armée américaine a mené 22 opérations similaires contre des bateaux de trafiquants de drogue, entraînant la mort de 86 personnes.
L’amiral Frank “Mitch” Bradley a été interrogé au Capitole sur les circonstances de l’attaque du 2 septembre, qui a impliqué l’utilisation d’une munition de haute précision GBU-69. Neuf personnes ont été tuées sur le coup, et le navire a chaviré. Deux survivants ont été aperçus faisant des signes après le naufrage, mais l’amiral Bradley a déclaré ne pas savoir s’il s’agissait d’un signal de détresse ou d’une tentative de communication.
Des membres du Congrès ont questionné l’amiral Bradley sur l’existence d’un ordre de “tuer sans exception” émis par le secrétaire à la Défense. Selon le Daily Mail, un tel ordre serait illégal, car il autoriserait l’armée à éliminer des adversaires même s’ils se rendent. L’amiral Bradley a cependant nié qu’un tel ordre ait été donné. Néanmoins, selon des informations rapportées par NBC News, un ordre ciblant spécifiquement les individus figurant sur la liste noire militaire américaine ne violerait pas le droit américain ou international.
L’amiral Bradley a précisé que les forces spéciales avaient observé un sac de cocaïne à bord du navire avant l’attaque. Il a également indiqué qu’un autre navire, plus grand, se trouvait dans la zone, suggérant une opération de transbordement de drogue. Ce navire plus important n’a pas été ciblé, car il ne figurait pas sur les listes de surveillance.
Le ministère américain de la Défense a révélé que les États-Unis ont mené 22 opérations contre des bateaux de trafiquants de drogue, causant la mort de 86 personnes, dont 11 en mer des Caraïbes et 11 dans l’océan Pacifique oriental. L’amiral Bradley a passé plus de huit heures jeudi à informer 12 membres du Congrès et leurs équipes sur les détails de l’opération. Le général Dan Caine, président des chefs d’état-major interarmées, était également présent lors de ce briefing.
Cette affaire intervient alors que les États-Unis intensifient leur lutte contre le trafic de drogue en mer, en particulier en provenance d’Amérique du Sud. Les opérations militaires contre les trafiquants de drogue sont de plus en plus fréquentes, soulevant des questions sur l’équilibre entre la nécessité de lutter contre le crime organisé et le respect des droits humains et du droit international.
