Publié le 16 janvier 2024 à 10h30. Le centre commercial De Weiert à Emmen est confronté à une recrudescence des vols à l’étalage, particulièrement imputés à un groupe de demandeurs d’asile en attente de décision, suscitant inquiétudes et appels à une action renforcée de la part des commerçants.
- Les commerçants du centre De Weiert dénoncent une augmentation spectaculaire des vols, caractérisés par des vols massifs et un comportement intimidant des auteurs.
- Les forces de l’ordre reconnaissent la complexité de la situation, liée à la présence d’un nombre important de demandeurs d’asile en attente de réponse.
- Des mesures sont envisagées, allant du renforcement des contrôles à la gare à une collaboration avec les autorités nationales pour limiter l’afflux de personnes vers Emmen.
Angela van der Velde, gérante avec son mari Erik du magasin Deco Noord depuis quinze ans, tire la sonnette d’alarme. Elle décrit une situation qui s’est dégradée rapidement au cours des six derniers mois. Leur boutique, spécialisée dans les articles nostalgiques et les produits dérivés de groupes de musique tels que Metallica, AC/DC et Guns N’ Roses, est particulièrement touchée. Les vêtements, notamment les pulls, cardigans et tee-shirts, sont les articles les plus prisés des voleurs.
« Ils jettent des sacs pleins et se moquent de vous si vous en dites quelque chose. »
Angela van der Velde, gérante de Deco Noord
La situation a atteint un point critique, notamment lors d’un incident la veille de Noël où Mme van der Velde a surpris trois personnes en train de remplir des sacs de marchandises avant de prendre la fuite. Elle a courageusement poursuivi les voleurs, réussissant à en rattraper un et à récupérer trois chemises. L’intervention de la police, alertée, a conduit à l’arrestation des suspects grâce à des photos prises sur place, mais tous les objets volés n’ont pas pu être récupérés.
Cet incident a incité Mme van der Velde à partager son expérience sur Facebook, où elle a rapidement rencontré un écho important. Bien qu’elle ait préféré ne pas répondre aux sollicitations des médias nationaux, elle souligne que son objectif n’est pas de nuire à l’image de sa ville.
Au-delà du préjudice financier, estimé à quelques centaines d’euros, Mme van der Velde déplore la perte de sécurité et de confiance. Elle explique que, par mesure de précaution, elle ne travaille plus seule dans le magasin et que l’équipe est désormais composée uniquement de femmes.
Robert Strating, gérant du magasin de vêtements The Sting, confirme la tendance générale. Il souligne que les voleurs testent les limites et défient le personnel. Il plaide pour un renforcement de la sécurité, notamment par une augmentation de la surveillance par caméra et des contrôles de sacs.
« La criminalité n’est pas une carte de visite pour le centre-ville. »
Robert Strating, gérant de The Sting
Les commerçants d’Emmen ont adressé une lettre urgente à la municipalité pour dénoncer l’aggravation de la situation. Ils proposent notamment de mettre en place des contrôles sur la navette reliant Ter Apel à Emmen, en vérifiant les bagages et les justificatifs d’achat des passagers. Ils estiment que cette mesure pourrait dissuader les voleurs.
Le parti VVD d’Emmen a interpellé le maire et les échevins par écrit, s’interrogeant sur la capacité de la municipalité à maîtriser la situation. Le chef du parti, Patrick de Jonge, a souligné que la gratuité du stationnement pendant la période de Noël avait attiré un grand nombre de personnes, dont certaines auraient profité de l’occasion pour commettre des vols.
Le maire Eric van Oosterhout reconnaît que la présence d’un groupe de demandeurs d’asile, qu’il qualifie de « safe landers » (personnes demandant l’asile sans possibilité d’obtenir un permis de séjour permanent), est à l’origine de nombreux désagréments. Il a même évoqué l’existence d’un « fléau » au centre-ville.
La municipalité envisage de réduire le nombre de personnes voyageant entre Ter Apel et Emmen et prévoit d’organiser une nouvelle réunion avec le ministre de l’Asile et de la Migration. Parallèlement, la zone de la gare d’Emmen a été désignée comme zone à risque pour la sécurité, permettant ainsi aux forces de l’ordre de procéder à des contrôles de sacs.
Le maire assure que la police est mobilisée au maximum de ses capacités et envisage d’augmenter le nombre d’agents de sécurité et d’accélérer les procédures de signalement des commerçants.
