Publié le 24 septembre 2024. Une patiente de 80 ans traitée pour un cancer de la vessie a développé une réaction immunitaire sévère et rare après l’administration d’un inhibiteur de point de contrôle immunitaire, soulignant les risques potentiels de ces thérapies malgré leur profil de sécurité généralement favorable.
- Une myocardite (inflammation du muscle cardiaque) associée à une myosite (inflammation musculaire) et un syndrome de chevauchement de myasthénie grave (IM3OS) ont été observés chez une patiente après un traitement par nivolumab.
- Malgré une prise en charge intensive incluant des immunoglobulines intraveineuses, des corticostéroïdes et un stimulateur cardiaque, la patiente est décédée des suites d’une infection respiratoire et d’une insuffisance rénale.
- Les médecins insistent sur la nécessité d’une vigilance accrue face aux symptômes potentiels liés aux inhibiteurs de points de contrôle immunitaires et à la recherche de diagnostics précoces, notamment en cas de manifestations multi-organes.
Le cas, rapporté par des chercheurs, concerne une femme ayant subi une cystectomie totale (ablation de la vessie) pour un cancer de la vessie invasif musculaire. Dix-huit jours après le début d’un traitement adjuvant au nivolumab, un anticorps monoclonal bloquant le PD-1 (programmed cell death protein 1), la patiente a présenté une ptose (chute de la paupière), une diplopie (vision double) et une paralysie. Les premiers examens ont révélé des anomalies significatives : un test de la banquise positif, des taux élevés de troponine (une protéine cardiaque), de créatine kinase et d’aldolase (enzymes musculaires), ainsi qu’un électrocardiogramme anormal. Ces éléments ont suggéré le développement d’une myocardite, d’une myosite et d’une myasthénie grave, toutes potentiellement liées à l’administration du nivolumab.
Les inhibiteurs de points de contrôle immunitaires (ICI) représentent une avancée majeure dans le traitement de nombreux cancers, mais ils peuvent parfois déclencher des événements indésirables d’origine immunitaire (irAE). Dans ce cas précis, la patiente a développé un IM3OS, un syndrome rare caractérisé par une combinaison de myosite, de myocardite et de myasthénie grave. Malgré un traitement agressif comprenant des immunoglobulines intraveineuses (IgIV) et des doses élevées de corticostéroïdes, l’état de la patiente s’est détérioré, conduisant à un bloc auriculo-ventriculaire complet nécessitant l’implantation d’un stimulateur cardiaque. Des traitements supplémentaires, tels que des échanges plasmatiques et du tacrolimus, ont été administrés pour tenter d’améliorer la fonction ventriculaire gauche et les symptômes de myosite.
Malheureusement, la patiente a succombé au 99e jour de son hospitalisation, des suites d’une infection respiratoire et d’une insuffisance rénale. Les chercheurs soulignent que, bien que les ICI soient généralement considérés comme sûrs, ils peuvent entraîner des complications graves, voire mortelles, en particulier lorsque des irAE sévères affectent plusieurs organes. Ils insistent sur le fait que l’IM3OS, en raison de l’absence de biomarqueur diagnostique spécifique, rend le diagnostic précoce difficile. Par conséquent, une vigilance accrue est nécessaire chez les patients recevant des ICI, et une évaluation approfondie doit être menée en cas de suspicion de myosite ou de myocardite.
Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à l’IM3OS et identifier les facteurs de risque associés. Les mots-clés associés à cette étude sont : IM3OS, thérapie adjuvante, cancer de la vessie, inhibiteurs de points de contrôle immunitaires et événements indésirables d’origine immunitaire.
