Publié le 4 novembre 2025 à 22h04 HEI. Une révision intensive des listes électorales a débuté dans douze États et territoires de l’Union indienne, suscitant des réactions contrastées parmi les partis politiques, certains y voyant une manœuvre de manipulation.
- La Commission électorale indienne a lancé la deuxième phase de la Révision Spéciale Intensive (SIR) des listes électorales, touchant environ 51 millions d’électeurs.
- Plusieurs partis d’opposition, dont le Congrès de Trinamool au Bengale occidental et le Dravida Munnetra Kazhagam (DMK) au Tamil Nadu, dénoncent une opération potentiellement biaisée.
- Le parti Bharatiya Janata (BJP) soutient quant à lui cette révision, la considérant comme un pas vers une plus grande transparence.
La Commission électorale indienne a donné le coup d’envoi, ce mardi 4 novembre 2025, de la deuxième phase de la Révision Spéciale Intensive (SIR) des listes électorales dans neuf États et trois territoires de l’Union. Cette opération vise à mettre à jour les registres électoraux avant les prochaines échéances, notamment les élections de 2026 dans plusieurs régions. Près de 51 millions d’électeurs sont concernés par cette révision, qui se déroulera jusqu’au 4 décembre.
Des agents électoraux se rendent porte à porte pour distribuer des formulaires de recensement partiellement remplis à chaque électeur. Plus de 530 000 agents de bureau de vote (BLO) effectueront au moins trois visites par foyer pour assurer la distribution et la collecte des formulaires. Ils seront épaulés par 764 000 agents de bureau (BLA) nommés par les partis politiques, ainsi que par des agents d’enregistrement électoral et des responsables électoraux.
Cette initiative n’est cependant pas sans susciter de vives critiques. Au Bengale occidental, la ministre en chef Mamata Banerjee, à la tête du Congrès de Trinamool, a organisé un rassemblement à Calcutta pour dénoncer ce qu’elle qualifie de « manipulation silencieuse et invisible ».
« Si un seul électeur éligible est omis des listes électorales, je m’engage à faire tomber le gouvernement dirigé par le BJP au centre. »
Mamata Banerjee, Ministre en chef du Bengale occidental
Elle accuse le BJP et la Commission électorale d’utiliser la SIR comme un outil politique pour intimider les électeurs et supprimer les noms de citoyens légitimes des listes, allant jusqu’à évoquer des expulsions vers le Bangladesh ou des transferts vers des camps de détention.
Dans l’État du Tamil Nadu, le Dravida Munnetra Kazhagam (DMK) a contesté la légalité de la SIR devant la Cour suprême, la qualifiant d’« arbitraire, déraisonnable et susceptible de priver les électeurs de leur droit de vote ».
À l’inverse, le parti Bharatiya Janata (BJP) salue cette opération de nettoyage, la considérant comme une étape essentielle vers une plus grande transparence des listes électorales. Dans l’Uttar Pradesh, la révision est lancée sous le slogan « Shuddh Nirvachak Namavali – Majboot Loktantra » (Listes électorales propres – Démocratie forte).
Au Kerala, le ministre en chef Pinarayi Vijayan a convoqué une réunion en ligne avec les différents partis politiques afin de tenter de parvenir à un consensus sur la mise en œuvre de la SIR. La plupart des partis de l’État – à l’exception du BJP – ont exprimé leurs préoccupations quant au calendrier serré.
Les États et territoires concernés par cette révision sont les îles Andaman et Nicobar, Lakshadweep, Chhattisgarh, Goa, Gujarat, Kerala, Madhya Pradesh, Pondichéry, Rajasthan, Tamil Nadu, Uttar Pradesh et Bengale occidental. Le Tamil Nadu, le Kerala, le Bengale occidental et Pondichéry se préparent à des élections régionales en 2026.
La Commission électorale rappelle que les électeurs peuvent vérifier leur inscription et celle de leurs proches sur le site voters.eci.gov.in. Ils peuvent également contacter leur BLO via l’application ECINet ou en composant le numéro gratuit 1950.
Les projets de rôles électoraux seront publiés le 9 décembre, ouvrant une période de réclamations et d’objections jusqu’au 8 janvier. Des audiences et des vérifications seront ensuite menées jusqu’au 31 janvier, avant la publication des listes électorales définitives le 7 février.
Il est à noter qu’une première phase de la SIR avait déjà été menée au Bihar plus tôt cette année, au cours de laquelle plus de 6,8 millions de noms ont été supprimés des listes électorales.
