Publié le 14 décembre 2025 à 21h08. L’OTAN pourrait devenir la prochaine cible de la Russie d’ici cinq ans, selon une alerte lancée par son secrétaire général, Mark Rutte. La Suède, déjà en état d’alerte, se prépare à une possible escalade des tensions en mer Baltique.
- Le chef de l’OTAN, Mark Rutte, avertit que la Russie pourrait attaquer un pays membre de l’alliance d’ici cinq ans.
- La vice-amiral Ewa Skoog Haslum estime que cette menace pourrait se concrétiser encore plus rapidement, dans les deux ans à venir.
- Les services de renseignement danois prévoient une possible guerre majeure avec la Russie dès 2031, sous certaines conditions.
L’Europe est en état d’alerte après les déclarations alarmantes de Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN, qui a mis en garde contre le risque d’une attaque russe contre un pays membre de l’alliance dans les cinq prochaines années. Selon Rutte, l’OTAN est déjà une cible et il est impératif d’agir sans délai.
« Trop de gens pensent que nous avons le temps. Nous ne l’avons pas. Le moment est venu d’agir. »
Mark Rutte, secrétaire général de l’OTAN
Cette évaluation est corroborée par la vice-amiral Ewa Skoog Haslum, à la tête du commandement des opérations militaires suédois. Elle estime que le délai de cinq ans est optimiste.
« On dit cinq ans, mais on pourrait aussi dire deux ans. Chaque fois que de telles déclarations sont faites, on a l’impression que l’on cherche à faire entendre notre voix. Mais c’est une mauvaise interprétation. Nous disons simplement que nous sommes prêts. »
Vice-amiral Ewa Skoog Haslum, commandement des opérations militaires suédois
Le service de renseignement militaire danois (FE) va plus loin, pointant l’année 2031 comme une date potentielle pour une guerre majeure entre la Russie et l’OTAN. Ce scénario dépend toutefois de trois facteurs clés : la fin de la guerre en Ukraine, un affaiblissement politique de l’OTAN et la poursuite du réarmement russe, tandis que les pays de l’alliance resteraient à la traîne.
La mer Baltique est identifiée comme une zone particulièrement à risque. Les forces navales de l’OTAN et les unités nationales surveillent de près les mouvements des navires militaires russes, notamment ceux de la “flotte fantôme” qui transporte du pétrole et du gaz depuis les ports proches de Saint-Pétersbourg. L’aviation militaire russe est également sous surveillance constante.
Ewa Skoog Haslum souligne que la Russie est actuellement concentrée sur le conflit en Ukraine et ne dispose pas des moyens de lancer une offensive à grande échelle contre l’OTAN. Cependant, une fin de la guerre en Ukraine, que ce soit par un cessez-le-feu ou un traité de paix, pourrait rapidement changer la donne et permettre à la Russie de renforcer ses capacités militaires.
Selon la vice-amiral, la Russie est confrontée à des difficultés économiques et dépend fortement des revenus tirés de l’exportation de pétrole et de gaz, dont les prix sont désormais hors de son contrôle.
« S’ils déclenchent une guerre contre l’OTAN, ils savent à quelle résistance ils se heurteront. J’ai du mal à imaginer que la Russie soit assez imprudente pour prendre cette décision. Mais nous sommes prêts. »
Vice-amiral Ewa Skoog Haslum, commandement des opérations militaires suédois
Concernant la situation spécifique en mer Baltique, Skoog Haslum explique que l’activité accrue des navires de la “flotte fantôme” russe est un signe révélateur de l’importance de ces routes maritimes pour l’économie russe. Elle met en garde contre le risque de confrontations accidentelles, tout en affirmant que l’OTAN est prête à défendre ses intérêts.
« Aucun pays de l’OTAN n’a intérêt à provoquer un conflit. Mais si quelqu’un tente de franchir nos lignes rouges, nous montrerons notre force. »
Vice-amiral Ewa Skoog Haslum, commandement des opérations militaires suédois
Les services de renseignement danois ont identifié la région de la mer Baltique comme la zone où le risque d’une action militaire russe contre l’OTAN est le plus élevé. Le Danemark, en raison de sa stratégie de sécurité spécifique, n’avait pas toujours partagé cette évaluation, mais la Suède a toujours considéré cette région comme particulièrement sensible, notamment en raison de l’importance du trafic maritime mondial qui la traverse (environ 15 % du transport maritime mondial).
