Publié le 16 janvier 2024 14:27:00. Alors que le Premier ministre slovaque Robert Fico s’apprête à rencontrer Donald Trump aux États-Unis pour un accord sur l’énergie nucléaire, l’opposition dénonce un favoritisme envers l’entreprise américaine Westinghouse et une politique étrangère jugée incohérente par certains.
- Michal Šimečka, leader de l’opposition slovaque, critique vivement le parti Směr, au pouvoir, pour son hypocrisie.
- Une manifestation est prévue à Bratislava contre ce qui est perçu comme de l’impérialisme américain et en solidarité avec le Venezuela, suite à un événement survenu samedi.
- Le voyage de Robert Fico aux États-Unis est lié à la possible attribution d’un contrat de plusieurs milliards d’euros pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Westinghouse.
L’opposition slovaque fustige ce qu’elle considère comme une incohérence flagrante dans la politique du gouvernement Fico. Michal Šimečka, à la tête du parti Slovaquie progressiste, n’a pas hésité à qualifier la situation d’« hypocrisie et de schizophrénie » de la part du parti Směr.
« Je ne peux pas imaginer une plus grande hypocrisie et une plus grande schizophrénie que le parti Směr. »
Michal Šimečka, leader de l’opposition slovaque
Parallèlement, une manifestation est organisée à Bratislava, devant l’ambassade américaine, pour dénoncer l’« impérialisme américain » et exprimer sa solidarité avec le Venezuela, suite à un événement qui s’est déroulé samedi. Selon le vice-président de la Direction, cette protestation vise à exprimer la désapprobation face à l’enlèvement du président vénézuélien Nicolás Maduro. Une vidéo diffusée sur Facebook appelle les Slovaques à se joindre au mouvement. Le vice-président, Luboš Blaha, a déclaré que la Slovaquie a peu de moyens pour empêcher les États-Unis de commettre des actes qu’il qualifie de « crimes de guerre ».
Luboš Blaha a également exhorté les Occidentaux à descendre dans la rue pour exprimer leur opposition et défendre la paix.
« Il n’est pas vrai que nous ne changerons rien. Exprimons notre opinion, montrons clairement que nous voulons la paix. »
Luboš Blaha, vice-président de la Direction
Il est à noter que M. Blaha se rend régulièrement en Russie, même après l’invasion de l’Ukraine par Moscou, et soutient la politique du président Vladimir Poutine.
Le voyage de Robert Fico aux États-Unis est centré sur la signature d’un accord intergouvernemental concernant la coopération dans le domaine de l’énergie nucléaire. L’opposition slovaque craint que le gouvernement ne prépare le terrain pour attribuer un contrat de plusieurs milliards d’euros à l’entreprise américaine Westinghouse pour la construction d’une nouvelle centrale nucléaire, sans avoir organisé d’appel d’offres international.
Cette situation intervient alors que les relations entre la Slovaquie et les États-Unis sont scrutées de près, notamment en raison des positions parfois divergentes du gouvernement Fico sur des questions de politique internationale.


