Publié le 14 janvier 2026 à 03h03. Une étude britannique révèle que les sportifs de plus de 50 ans présentant des cicatrices sur le cœur présentent un risque accru de développer des arythmies dangereuses pendant l’exercice, soulignant l’importance d’un suivi cardiaque régulier.
- Les athlètes de plus de 50 ans ayant des cicatrices cardiaques (fibrose myocardique) sont plus susceptibles de développer des arythmies dangereuses lors d’un effort physique intense.
- L’étude a suivi 106 cyclistes et triathlètes de plus de 50 ans pendant plus de deux ans, en utilisant des moniteurs implantés et des appareils portables pour enregistrer leur activité cardiaque.
- La présence de fibrose myocardique, détectée par IRM, est un facteur de risque majeur, même en l’absence de symptômes ou d’entraînement excessif.
Des chercheurs de l’Université de Leeds, au Royaume-Uni, ont mis en évidence un risque cardiaque spécifique chez les sportifs de plus de 50 ans, tout en réaffirmant les bienfaits de l’activité physique régulière. Leur étude, publiée dans le Journal européen de cardiologie préventive, se concentre sur les précautions à prendre pour les personnes pratiquant des sports d’endurance tels que le cyclisme ou le triathlon.
L’étude a porté sur 106 hommes ayant pratiqué une activité physique intense (plus de 10 heures par semaine) pendant au moins 15 ans. Grâce au soutien de la British Heart Foundation, les scientifiques ont découvert que les athlètes plus âgés présentant des « cicatrices » sur le cœur courent un risque accru de développer des arythmies dangereuses pendant l’entraînement. Ces « cicatrices », connues médicalement sous le nom de fibrose myocardique, sont des zones du cœur où les tissus sont devenus plus durs et moins flexibles.
La fibrose myocardique peut résulter d’une crise cardiaque, de maladies cardiaques antérieures ou, selon les chercheurs, de l’impact cumulatif de nombreuses années d’entraînement intense, bien que la cause exacte chez les athlètes reste à déterminer. Elle modifie la manière dont le cœur transmet les signaux électriques qui contrôlent le rythme cardiaque.
Au cours du suivi de plus de deux ans, les chercheurs ont utilisé des moniteurs implantés sous la peau et des technologies portables pour enregistrer les variations de la fréquence cardiaque et les corréler avec la quantité, l’intensité et le type d’exercice effectué. Ils ont constaté que 23,5 % des participants ont présenté un épisode d’arythmie ventriculaire, un rythme cardiaque rapide et irrégulier potentiellement dangereux. Parmi ceux-ci, 76 % présentaient des signes de fibrose à l’IRM, contre seulement 38 % de ceux qui n’avaient pas d’arythmies.
Selon le Dr Wasim Javed, auteur principal de l’étude,
« L’exercice ne fait qu’augmenter le risque de rythmes cardiaques anormaux chez les personnes qui ont déjà des cicatrices sur le cœur. »
Wasim Javed, auteur principal de l’étude
Cela signifie que l’activité physique ne cause pas le problème, mais peut agir comme un déclencheur chez les personnes atteintes de cette condition.
Les chercheurs ont également observé que les arythmies les plus graves, connues sous le nom de tachycardie ventriculaire soutenue, surviennent presque exclusivement pendant l’exercice et toujours chez les athlètes présentant une fibrose. Ils n’ont constaté aucune différence significative dans la quantité ou l’intensité de l’exercice entre ceux qui ont développé des arythmies et ceux qui n’en ont pas.
Interrogé par Infobae, le cardiologue et électrophysiologiste Mario Fitz-Maurice, directeur médical de l’INADEA et chef du Service de Cardiologie de l’Hôpital Rivadavia à Buenos Aires, a expliqué :
« Depuis des décennies, nous répétons, avec raison, que l’exercice physique est l’un des meilleurs outils pour prévenir les maladies cardiovasculaires et cela reste vrai. Cependant, la médecine sportive moderne commence à montrer que, dans certains groupes très spécifiques, le cœur entraîné pendant des années peut développer des changements qui ne sont pas toujours bénins. »
Mario Fitz-Maurice, cardiologue et électrophysiologiste
Il souligne que l’étude a utilisé une méthodologie particulièrement précise, avec des enregistreurs de rythme implantés et une analyse détaillée des séances d’entraînement à l’aide d’appareils électroniques, permettant de corréler avec précision le moment des arythmies et le contexte de l’exercice.
Les chercheurs recommandent aux personnes de plus de 50 ans pratiquant une activité physique intense de ne pas ignorer les symptômes tels que des palpitations, des étourdissements ou des douleurs thoraciques et de consulter un médecin. Ils suggèrent également des examens cardiaques réguliers et l’utilisation d’appareils portables pour surveiller la fréquence cardiaque et prévenir les complications.
Les résultats de l’étude indiquent que la présence de fibrose myocardique peut passer inaperçue jusqu’à ce qu’une situation stressante, comme un exercice intense, révèle le problème. Les examens courants, tels que l’ECG au repos et l’échocardiogramme, peuvent ne pas détecter la fibrose, qui est plus efficacement identifiée par l’IRM cardiaque.
Fitz-Maurice précise que
« Il n’y a pas de preuve que “s’entraîner un peu moins” prévienne la fibrose si une prédisposition existe déjà. »
Mario Fitz-Maurice, cardiologue et électrophysiologiste
Il ajoute que la surveillance continue, comme celle utilisée dans l’étude, permet de détecter des épisodes arythmiques brefs et asymptomatiques qui pourraient passer inaperçus lors d’un test d’effort standard.
En conclusion, les experts insistent sur le fait que cette étude ne doit pas susciter l’alarmisme, mais souligne la nécessité d’une surveillance cardiaque plus attentive chez les athlètes vétérans, en particulier ceux présentant des facteurs de risque de fibrose myocardique.




