Publié le 30 octobre 2025 à 20h03. Le taux d’obésité aux États-Unis connaît une baisse notable, une évolution qui coïncide avec l’utilisation croissante de médicaments de nouvelle génération pour la perte de poids, selon un récent sondage Gallup.
- Un sondage Gallup révèle une diminution du taux d’obésité chez les adultes américains au cours des trois dernières années.
- Cette baisse est probablement liée à l’augmentation de l’utilisation de médicaments GLP-1 (agonistes du récepteur du glucagon de type 1) pour la gestion du poids.
- Le sondage indique également une augmentation du taux de diabète, atteignant un niveau record aux États-Unis.
Les chiffres récents sont encourageants : le taux d’obésité aux États-Unis semble enfin marquer une pause. Selon un sondage Gallup publié cette semaine, l’obésité chez les adultes a diminué au cours des trois dernières années, une tendance qui pourrait être liée à la popularité grandissante des médicaments amaigrissants de la classe des GLP-1.
L’enquête révèle des disparités notables : les femmes présentent un taux d’obésité plus élevé que les hommes et ont davantage recours aux médicaments de gestion du poids. Les personnes âgées de 40 à 64 ans sont également plus touchées par l’obésité et sont plus susceptibles d’utiliser des médicaments tels qu’Ozempic et Wegovy.
Parallèlement à cette baisse de l’obésité, le sondage met en évidence une augmentation préoccupante du taux de diabète aux États-Unis, qui a atteint un niveau record. Cette double tendance soulève des questions sur la complexité des problèmes de santé métabolique dans le pays.
Bien que les données du sondage soient basées sur des déclarations personnelles des participants, les experts estiment qu’elles corroborent les observations faites sur le terrain.
« Le sondage correspond à ce que j’observe dans ma propre pratique. Presque tout le monde connaît ces médicaments GLP-1. Beaucoup demandent s’ils sont candidats et la perte de poids dans mon cabinet a augmenté, les femmes étant plus susceptibles que les hommes d’utiliser ces médicaments. »
Kristin Kirkpatrick, diététiste professionnelle et présidente de KAK Consulting
Le Dr Mir Ali, chirurgien général et directeur médical du MemorialCare Surgical Weight Loss Center, partage cet avis :
« J’ai été un peu surpris. Cela montre que les gens sont plus conscients de ce qui est disponible. C’est bien de voir que cela a un impact. »
Mir Ali, chirurgien général
Le sondage Gallup a été mené sur neuf mois, jusqu’en septembre 2025, auprès de près de 17 000 adultes américains interrogés en ligne. Les participants ont fourni des informations sur leur taille, leur poids, et ont indiqué s’ils avaient reçu un diagnostic de diabète de type 2 (diabète de type 2) et s’ils utilisaient des médicaments GLP-1.
Les résultats indiquent que le taux d’obésité aux États-Unis est passé d’un pic de près de 40 % en 2022 à 37 % en 2025, ce qui représente une diminution de 7,6 millions de personnes obèses dans le pays. Chez les femmes, le taux d’obésité a diminué de plus de 3 points de pourcentage, pour atteindre un peu moins de 39 %, tandis que chez les hommes, la baisse serait de plus de 2 points de pourcentage, pour atteindre 35 %.
L’obésité est définie par les sondeurs comme un indice de masse corporelle (IMC) de 30 ou plus, calculé à partir de la taille et du poids déclarés par les participants.
Le Dr David Cutler, médecin de famille, nuance ces résultats, soulignant que l’IMC basé sur des données auto-déclarées peut ne pas refléter précisément la composition corporelle. Il rappelle qu’une personne ayant gagné de la masse musculaire tout en perdant de la graisse pourrait toujours être classée comme obèse selon cet indice.
Par ailleurs, le sondage révèle que le taux de diabète a atteint un niveau record de près de 14 % de la population adulte américaine. Le Dr Cutler souligne que le diagnostic de diabète peut persister même en cas de rémission du diabète de type 2, ce qui peut fausser les chiffres.
L’augmentation de l’utilisation des médicaments GLP-1, tels que le sémaglutide (rybelsus), est également notable : près de 6 % des adultes américains en février 2024 en utilisaient, contre 12 % aujourd’hui. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes à recourir à ces médicaments (15 % contre un peu moins de 10 %). L’utilisation est également plus fréquente chez les personnes âgées de 50 à 64 ans (17 %) et de 40 à 49 ans (16 %).
Les experts soulignent que ces médicaments agissent en augmentant la sensation de satiété, en réduisant la faim et les envies d’aliments gras, et en ralentissant la vidange gastrique. Cependant, ils peuvent également entraîner des effets secondaires tels que la constipation, la diarrhée, les nausées, les maux de tête, les douleurs abdominales et la fatigue.
Il est essentiel, selon les experts, que les patients soient pleinement informés de tous les aspects de leur parcours de perte de poids et qu’ils considèrent ces médicaments comme un traitement à long terme pour une maladie chronique. Une alimentation saine et l’adoption de bonnes habitudes de vie sont également indispensables.
