Publié le 23 décembre 2023 18h45. La famille de Sophie Toscan du Plantier, cinéaste française assassinée en Irlande en 1996, espère que la réouverture de l’enquête permettra enfin de faire la lumière sur les circonstances de sa mort, à l’occasion du 29e anniversaire du drame.
- Une équipe spéciale de la Garda (police irlandaise) examine activement l’affaire depuis 2022.
- Des analyses ADN poussées, réalisées avec l’aide d’experts américains, sont en cours et devraient fournir des résultats d’ici 2026.
- La famille de la victime, toujours en quête de vérité, a créé une association pour faire avancer l’enquête.
L’enquête sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, survenu le 23 décembre 1996 près de Schull, dans le comté de Cork (ouest de l’Irlande), connaît une nouvelle phase. La victime, une productrice de cinéma parisienne âgée de 39 ans, avait été retrouvée morte près de sa maison de vacances isolée. L’affaire, qui avait suscité une vive émotion en France et en Irlande, n’a jamais été résolue de manière satisfaisante.
Depuis 2022, une équipe d’examen des crimes graves de la Garda a été chargée de reprendre l’enquête. Les enquêteurs ont recueilli les témoignages de plus de 330 personnes en Irlande, au Royaume-Uni, en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, ainsi qu’en Australie. Ils travaillent en étroite collaboration avec Forensic Science Ireland, l’organisme scientifique médico-légal irlandais.
Un élément clé de cette nouvelle enquête réside dans l’utilisation de technologies de pointe pour l’analyse des preuves. L’équipe a fait appel à M-Vac Systems, une entreprise américaine spécialisée dans la collecte d’ADN, et a notamment utilisé leur technologie en juillet dernier à Dublin. Jared Bradley, le directeur général de M-Vac, et la médecin légiste Suzanna Ryan ont examiné des éléments cruciaux, tels que des fragments de roche et un bloc de béton qui auraient été utilisés comme armes du crime.
La famille de Sophie Toscan du Plantier attend avec impatience les résultats de ces analyses. Son oncle, Jean Pierre Gazeau, a exprimé son espoir de voir enfin la vérité éclater.
« Ce sera le premier anniversaire du décès de Sophie depuis la mort de son père Georges, donc ce sera particulièrement triste. Mais la mère de Sophie, Marguerite, sera entourée de sa famille à Paris – ses fils, Bertrand et Stéphane et son petit-fils, le fils de Sophie, Pierre Louis. »
Jean Pierre Gazeau, oncle de Sophie Toscan du Plantier
M. Gazeau a également souligné l’importance des témoignages recueillis par la Garda.
« Nous espérons toujours des résultats de la part de l’équipe des affaires froides car la Garda attend toujours les résultats de l’élément technique de l’enquête, mais nous espérons toujours qu’il y aura des développements avec les témoins, car la Garda a redécouvert de nombreuses déclarations. »
Jean Pierre Gazeau, oncle de Sophie Toscan du Plantier
Il a rappelé que la famille ne sait toujours pas ce qui s’est passé entre 22h30 le 22 décembre et 10h30 le 23 décembre 1996, et qu’elle aspire à connaître la vérité sur le meurtre de Sophie.
L’Association pour la vérité sur le meurtre de Sophie Toscan du Plantier, créée en 2008 par la famille, continue de se battre pour que justice soit rendue. Selon des sources proches de l’équipe d’enquête, les résultats des tests ADN ne devraient pas être connus avant 2026.
« L’équipe des affaires froides est heureuse d’attendre et de permettre au FSI de faire son travail car elle sait que c’est peut-être le dernier coup de dés. Les experts médico-légaux sont le seul élément de l’affaire qui manquait depuis 29 ans. Personne n’a été mis sur les lieux par des experts médico-légaux. »
Source proche de l’équipe d’examen de la Garda
