Publié le 27 novembre 2023. Le padel, sport de raquette hybride entre le tennis et le squash, connaît un essor fulgurant en Indonésie, séduisant particulièrement les classes moyennes et aisées grâce à son accessibilité et son aspect convivial.
- L’Indonésie compte désormais environ 134 courts de padel, un nombre en constante augmentation.
- Des entrepreneurs et propriétaires fonciers convertissent des terrains existants ou en friche pour répondre à la demande croissante.
- Les revenus générés par les courts de padel dépassent largement ceux du futsal, attirant de nouveaux investisseurs.
Le padel, plus facile à apprendre que le tennis et naturellement propice au jeu en double, séduit de plus en plus d’Indonésiens en quête d’une activité sportive sociale et accessible. Cette popularité croissante se traduit par une véritable ruée vers l’investissement dans les infrastructures dédiées.
Selon Padelnesia, une entreprise locale spécialisée dans le padel, l’archipel indonésien recense à ce jour environ 134 courts. Cette expansion rapide encourage les entrepreneurs à considérer le padel comme une opportunité commerciale lucrative. De nombreux terrains vacants sont transformés en installations de padel, tandis que d’autres sites de futsal sont reconvertis pour répondre à la demande grandissante.
Harlan, 64 ans, propriétaire d’un terrain de futsal à Bekasi, dans la province de Java occidental, est l’un de ceux qui ont décidé de changer de cap. Il rénove actuellement son terrain pour y aménager deux courts de padel, constatant une baisse des réservations pour le futsal au cours de l’année écoulée.
« La location de terrains de padel sera bien plus rentable. »
Harlan, propriétaire d’un terrain de futsal
Il explique que les terrains de futsal se louent généralement entre 50 000 et 150 000 roupies (environ 3 à 9 dollars américains) par heure, tandis que les terrains de padel affichent des tarifs nettement plus élevés, allant de 250 000 à 450 000 roupies (15,01 à 27,03 dollars) par heure. “Avec un écart de prix aussi important et une demande si forte, je suis convaincu que je peux gagner trois à quatre fois plus”, assure-t-il.
Harlan envisage également de diversifier ses sources de revenus en proposant des cours de padel, des abonnements, l’organisation de tournois et des services de restauration.
Navega Titi, 58 ans, propriétaire foncière à Cibubur, dans l’est de Jakarta, connaît une situation similaire. Après avoir acquis un terrain près de son complexe résidentiel et y construit trois courts de padel, elle réalise désormais des bénéfices mensuels de plusieurs centaines de millions de roupies.
« La demande de padel a augmenté rapidement et mes terrains sont régulièrement réservés par des clubs, des entraîneurs et des joueurs récréatifs. Ces terrains sont devenus un actif très rentable, me rapportant un bénéfice net mensuel stable pouvant atteindre 200 millions de roupies (12 011 dollars). Je peux récupérer mon investissement en seulement 1,5 à 2 ans. »
Navega Titi, propriétaire foncière
Lors de la construction l’année dernière, Titi a souligné que de nombreux matériaux clés, tels que le gazon, l’éclairage, les murs en verre et les clôtures, avaient été importés de Chine, lui permettant d’acquérir des composants de haute qualité.
« C’est un investissement de plusieurs milliards de roupies. Mais la location de courts de padel est devenue l’un des éléments les plus fiables et les plus rentables de mon activité immobilière, et je m’attends à ce que la croissance se poursuive à mesure que le sport devient encore plus populaire. »
Navega Titi, propriétaire foncière
L’attrait du padel pour les citadins indonésiens réside dans sa facilité d’apprentissage, son format naturellement adapté au jeu en double et son aspect social. La petite taille des terrains permet des échanges dynamiques et aide les débutants à progresser rapidement. Ce sport s’inscrit également dans une tendance plus large en Indonésie, où les jeunes professionnels et les familles recherchent de plus en plus d’options de loisirs actifs. Les communautés d’expatriés et les réseaux sociaux contribuent également à accroître la visibilité et l’attrait du padel.
Sarahine Bella, 28 ans, habitante du nord de Jakarta, témoigne de cet engouement :
« Même si ce sport peut être assez coûteux, je choisis quand même de jouer régulièrement parce qu’il me permet de m’entraîner très bien sans me sentir dépassée, et chaque match me donne de l’énergie. »
Sarahine Bella, joueuse de padel
Elle ajoute :
« Mais ce qui me fait revenir, c’est le côté social. Même si le prix peut être élevé, le mélange de plaisir, de forme physique et de reconnaissance sociale en vaut vraiment la peine. »
Sarahine Bella, joueuse de padel
