Washington – La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a été vivement interrogée ce jeudi par les membres du Congrès, notamment sur les politiques d’immigration de son département et les allégations de déportations d’anciens combattants américains sous l’administration Trump. L’audition a été marquée par la présence d’un ancien combattant décoré, contraint à l’auto-exil.
À retenir
- La secrétaire Noem a nié toute expulsion de citoyens américains ou d’anciens combattants, malgré les témoignages et les preuves présentées.
- Un ancien combattant américain, Park Sae Joon, a témoigné par visioconférence de son auto-exil, forcé par la crainte d’une expulsion.
- Les démocrates ont appelé à la démission de Noem, l’accusant de mensonge et de mauvaise gestion des politiques d’immigration.
Contexte
L’audition devant le Comité de la sécurité intérieure de la Chambre des représentants a été l’occasion pour les élus de questionner Kristi Noem sur les pratiques de son département en matière d’immigration. Le représentant Seth Magaziner, de l’État du Rhode Island, a invité Park Sae Joon, un ancien combattant décoré de la Purple Heart, à témoigner via un appel vidéo. Park s’est auto-exilé plus tôt cette année, craignant d’être expulsé des États-Unis.
Park Sae Joon est arrivé aux États-Unis à l’âge de 7 ans, en provenance de Corée du Sud. Dans les années 1990, il a été confronté à des problèmes de toxicomanie et arrêté pour des délits mineurs liés à la drogue. Ces accusations ont compromis ses chances d’obtenir la nationalité américaine, bien qu’il possède une carte verte.
Lors de l’audition, Magaziner a demandé à Noem combien d’anciens combattants avaient été déportés sous son administration. La secrétaire a répondu : « Monsieur, nous n’avons expulsé de citoyens américains ni d’anciens combattants. »
Ce qui change
L’audition a mis en lumière les tensions persistantes autour des politiques d’immigration et les inquiétudes concernant le traitement des anciens combattants étrangers. Les démocrates ont critiqué la décision de Noem de poursuivre les vols d’expulsion vers le Salvador, malgré une ordonnance du tribunal suspendant ces vols. Des manifestants ont perturbé l’audition en scandant des slogans contre l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) et en appelant à la fin des déportations.
Par ailleurs, des informations récentes, rapportées par MS NOW, suggéraient que la position de Noem au sein de l’administration Trump était précaire. Cependant, l’ancien président Donald Trump a publiquement exprimé son soutien à Noem, affirmant qu’il était « heureux » de son travail et louant les résultats obtenus à la frontière.
Prochaines étapes
Les législateurs démocrates, dont le représentant Bennie Thompson, président du comité de la sécurité intérieure de la Chambre, ont appelé à la démission de Noem. Il reste à voir si ces appels porteront leurs fruits ou si l’administration Trump continuera à la soutenir. Noem a déclaré qu’elle examinerait le cas de Park Sae Joon, mais aucune date limite n’a été fixée pour une décision.
Lors d’un échange tendu, Magaziner a demandé à Noem : « Voulez-vous vous joindre à moi pour remercier M. Park pour ses services rendus à notre pays ? » Noem a répondu : « Monsieur, je suis reconnaissante envers chaque personne qui a servi notre pays et qui respecte nos lois et sait que nos lois sont importantes et que chacune d’entre elles doit être appliquée. »
Tout au long de l’audition, Noem est restée sur la défensive, tandis que les démocrates l’accusaient de « mentir » et les républicains la félicitaient pour son travail. Elle a déclaré : « L’Amérique est très heureuse d’avoir enfin un président à la Maison Blanche qui se lève tous les jours pour assurer leur sécurité. »
Interrogée par la représentante Shri Thanedar, du Michigan, sur la possibilité de démissionner si elle n’était pas licenciée, Noem a répondu : « Je considérerai votre demande de démission comme une approbation de mon travail. »

