Publié le 24 octobre 2024 10h15. Une proposition européenne visant à interdire l’utilisation de termes comme « steak végétal » ou « saucisse végétarienne » suscite une vive opposition aux Pays-Bas, où les organisations professionnelles craignent un frein à la transition vers une alimentation plus durable et à l’innovation dans le secteur agroalimentaire.
- Une eurodéputée française propose d’interdire l’utilisation de dénominations liées à la viande pour les produits à base de plantes.
- Le CBL, organisation représentant les détaillants néerlandais, s’oppose fermement à cette interdiction, estimant qu’elle est inutile et contre-productive.
- Des études suggèrent que la majorité des consommateurs comprennent clairement la différence entre les produits à base de viande et les alternatives végétales.
L’interdiction proposée émane de Céline Imart, eurodéputée du groupe démocrate-chrétien. Elle estime que l’utilisation de termes tels que « burger végétarien », « steak végétalien » ou « saucisse végétarienne » est trompeuse pour les consommateurs et constitue une menace pour l’agriculture traditionnelle. Selon elle, ces dénominations devraient être réservées aux produits contenant réellement de la viande.
Latoya Balogun, responsable des chaînes et aliments durables chez CBL, a fermement critiqué cette initiative.
« L’interdiction proposée est inutile, va à l’encontre de l’objectif et pourrait retarder la transition protéique »
Latoya Balogun, responsable des chaînes et aliments durables chez CBL
La transition protéique, qui vise à réduire la consommation de protéines animales au profit de sources végétales, pourrait ainsi être compromise.
Le CBL souligne également que les consommateurs ne semblent pas être induits en erreur par ces dénominations. L’organisation cite une étude du programme de consommation Radar datant de 2020, qui révèle que 96 % des consommateurs néerlandais comprennent qu’une « saucisse végétarienne » ne contient pas de viande. Des études européennes confirment cette tendance, et les détaillants néerlandais déclarent recevoir très peu de plaintes concernant une éventuelle confusion.
Outre l’impact sur la transition protéique, le CBL craint que cette interdiction ne freine l’innovation dans l’industrie alimentaire. Les producteurs investissent massivement dans le développement de produits à base de plantes qui imitent le goût et la texture de la viande.
« Une interdiction compliquerait cette innovation, réduirait le potentiel de marché et découragerait les investissements dans de nouveaux produits protéinés durables. »
CBL
Récemment, le fabricant de substituts de viande Vivera a même été menacé d’une amende de plus de 1 000 euros par l’Autorité néerlandaise de sécurité des produits alimentaires et de consommation (NVWA) pour avoir utilisé le terme « viande hachée » pour un produit à base de plantes. L’amende n’a finalement pas été infligée, l’organisme de surveillance préférant attendre une décision au niveau européen concernant la dénomination des produits végétariens.
La proposition de Céline Imart doit encore être approuvée par les États membres de l’UE et par la Commission européenne. Il est donc encore possible que cette interdiction ne voie jamais le jour. Le CBL se dit ouvertement opposé à une telle mesure et espère influencer les discussions au niveau européen.
Parallèlement à l’essor des substituts de viande, on observe également une augmentation de la demande pour des alternatives au poisson.
