Publié le 23 novembre 2025 17h28. L’héritage du poète Hans Hyldbakk, figure emblématique de Surnadal, est remis en question suite à des accusations d’abus sexuels remontant à plusieurs décennies, suscitant un débat passionné dans la communauté locale.
- Des témoignages anonymes révèlent des accusations d’abus sexuels impliquant le poète Hans Hyldbakk, décédé en 2001.
- La municipalité de Surnadal a présenté ses excuses aux victimes, ce qui a provoqué des réactions mitigées et une remise en question de l’hommage rendu au poète.
- L’avenir du buste de Hyldbakk, situé devant l’hôtel de ville, et des événements culturels liés à son œuvre est désormais incertain.
Surnadal, une petite commune du comté de Møre og Romsdal, est en proie à une vive polémique. Des accusations d’abus sexuels visant Hans Hyldbakk (1918-2001), poète local célébré pour son œuvre “Vårsøg” (Le Chant du Printemps), ont refait surface, plongeant la communauté dans un débat douloureux sur la mémoire et l’héritage.
Plusieurs témoignages anonymes, recueillis par le journal VG, font état de comportements inappropriés et d’abus de pouvoir de la part du poète, qui aurait profité de sa position pour agresser des jeunes filles et des garçons. Les faits dénoncés remonteraient à plusieurs décennies et auraient été gardés secrets par crainte de représailles et de stigmatisation.
En septembre dernier, le maire de Surnadal a pris la décision de présenter des excuses publiques aux victimes présumées, reconnaissant ainsi la souffrance causée par les agissements de Hyldbakk. Cette annonce a suscité des réactions contrastées. Si certains saluent cette initiative comme un pas vers la justice et la reconnaissance des victimes, d’autres dénoncent une trahison envers la mémoire du poète, considéré comme un symbole de fierté locale.
L’affaire relance également la question de la pertinence de maintenir les hommages rendus à Hans Hyldbakk. Son buste, érigé devant l’hôtel de ville, est devenu un point de discorde. Certains habitants réclament son retrait, voire sa destruction, tandis que d’autres estiment qu’il est important de préserver la mémoire de l’œuvre poétique de Hyldbakk, indépendamment de ses actes présumés. Des propositions de changement de nom du festival culturel “Vårsøghelga” ont également été formulées.
Selon des témoignages, les enfants et les adolescents rendaient visite à Hyldbakk dans sa ferme isolée de Kleiva, apportant des commissions et des messages. Cette pratique était courante à l’époque, mais elle a désormais une connotation sinistre à la lumière des accusations portées contre le poète.
L’affaire Hyldbakk met en lumière les difficultés rencontrées par les victimes d’abus sexuels dans le passé, à une époque où le silence et la honte étaient de mise. Les normes sociales strictes et le manque de soutien aux victimes ont contribué à maintenir ces abus dans l’ombre pendant des années. Le festival Kleivakvelden a été annulé en raison de la controverse.
La question de savoir comment Surnadal va gérer cet héritage complexe reste ouverte. Certains proposent même de brûler le buste du poète, une proposition qui témoigne de la profondeur des blessures et de la colère suscitées par les révélations.
Cette affaire soulève des questions fondamentales sur la mémoire collective, la responsabilité et la nécessité de protéger les plus vulnérables. Elle rappelle également que le silence et la complicité peuvent avoir des conséquences dévastatrices pour les victimes d’abus.
