Publié le 21 décembre 2025 à 23 h 27 HE. Contrairement aux idées reçues, les jeux vidéo pourraient ne pas être néfastes pour le cerveau, et même contribuer à améliorer certaines fonctions cognitives. Des études récentes suggèrent que la pratique régulière, et surtout la découverte de nouveaux défis ludiques, pourrait ralentir le déclin cérébral lié à l’âge.
- Jouer à des jeux vidéo complexes stimule des compétences cognitives que les « jeux cérébraux » traditionnels ne parviennent pas à solliciter.
- Des recherches indiquent que les jeux vidéo d’action peuvent améliorer l’attention visuelle, la capacité d’apprentissage et la vitesse de traitement de l’information.
- L’équilibre est essentiel : une pratique modérée et la recherche de nouveauté semblent être les clés pour bénéficier des effets positifs des jeux vidéo sur la santé cérébrale.
Loin de l’image du divertissement passif, les jeux vidéo pourraient bien être un allié inattendu pour la santé de notre cerveau. Aaron Seitz, professeur de psychologie et directeur du Brain Game Center for Mental Fitness and Well-being à la Northeastern University, explique que les jeux vidéo, contrairement aux « jeux cérébraux » traditionnels, offrent un environnement simulé où les joueurs sont amenés à exercer des compétences complexes. Il souligne que ces derniers ont tendance à être « aussi simples que possible ».
Plusieurs études confirment cette hypothèse. Des recherches ont notamment montré que la pratique régulière de certains jeux vidéo peut contribuer à ralentir le vieillissement cérébral. Une étude publiée en 2024 dans la revue NeuroImage a analysé la connectivité cérébrale de 31 joueurs assidus du jeu de stratégie StarCraft II, qui exige de gérer des ressources et de manœuvrer de grandes armées en temps réel. Les résultats ont révélé que le cerveau de ces joueurs était « plus efficace dans le traitement de l’information », avec une connectivité accrue dans les zones cérébrales essentielles à l’attention visuelle et à la fonction exécutive, selon Carlos Coronel, l’auteur principal de l’étude.
En 2025, une autre étude, parue dans Nature Communications, a confirmé ces observations. Carlos Coronel et ses collègues ont constaté qu’une expertise accrue dans les jeux vidéo était associée à un vieillissement cérébral plus lent, comparable à celui observé dans d’autres activités créatives comme la musique ou l’art. Le cerveau des joueurs expérimentés apparaissait en moyenne quatre ans plus jeune. Selon Coronel, les loisirs créatifs, y compris les jeux vidéo, peuvent aider à protéger les connexions neuronales vulnérables au vieillissement et à améliorer la capacité du cerveau à transmettre et à traiter l’information.
L’impact positif ne se limite pas aux joueurs chevronnés. L’étude de Coronel a également montré que même une pratique relativement courte peut être bénéfique. En demandant à 24 personnes n’ayant jamais joué à des jeux vidéo de passer 30 heures à jouer à StarCraft II sur trois à quatre semaines, les chercheurs ont constaté un ralentissement de leur « âge cérébral » par rapport à un groupe témoin qui avait appris un jeu plus simple, basé sur des règles établies, nommé « Hearthstone ». « Plus vous pratiquez, plus vous en bénéficierez, mais vous pouvez également en tirer des avantages sans être un expert », a précisé Coronel.
Les jeux vidéo d’action semblent particulièrement efficaces pour stimuler certaines capacités cognitives. C. Shawn Green, professeur de psychologie à l’Université du Wisconsin à Madison, explique que ces jeux obligent les joueurs à prendre des décisions rapides dans des environnements visuels souvent chaotiques, ce qui améliore l’attention aux informations visuelles et la capacité d’apprentissage. Il nuance toutefois : « La plupart des jeux ou tâches d’entraînement cérébral ne permettent d’améliorer qu’un éventail plus restreint de compétences directement liées à ce qui a été pratiqué. »
Toutefois, les experts mettent en garde contre les excès. « Je ne peux pas dire que jouer à des jeux vidéo pendant des heures et des heures sera bon pour la santé de votre cerveau », avertit Carlos Coronel. « Il faut trouver un équilibre. » Il recommande d’adopter une approche modérée, avec des sessions de jeu courtes, d’environ 30 minutes à une heure.
Pour maximiser les bénéfices, il est également conseillé de varier les plaisirs et de se lancer régulièrement dans de nouveaux défis. C. Shawn Green encourage ses parents, âgés de 70 ans, à explorer de nouveaux jeux en ligne. « Ils sont ennuyés parce qu’ils se disent : ‘Je commençais juste à devenir bon dans ce domaine’ », raconte-t-il. « Mais une fois que vous commencez à devenir bon, cela n’est plus utile. Vous devez faire les choses ennuyeuses et difficiles. »
Parmi les jeux d’action populaires, on peut citer la série « Call of Duty », la série « Halo » et « Quake ». Pour ceux qui préfèrent des options moins violentes, « Fortnite », « Overwatch » et la série « Splatoon » constituent de bonnes alternatives. Pour plus d’inspiration, vous pouvez consulter la revue des meilleurs jeux de 2025 du Washington Post.
En conclusion, les jeux vidéo, pratiqués avec modération et en privilégiant la nouveauté, pourraient bien être un atout pour préserver et améliorer nos capacités cognitives. Il est toutefois essentiel de les intégrer à un mode de vie équilibré, incluant une activité physique régulière, un sommeil suffisant et des interactions sociales.


