Publié le 13 novembre 2025 à 14h43. Face à une recrudescence inquiétante des attaques d’ours à travers le Japon, la police a reçu l’autorisation d’utiliser des armes à feu pour la chasse, une mesure exceptionnelle qui témoigne de la gravité de la situation.
- Le nombre d’observations d’ours et d’attaques, parfois mortelles, a fortement augmenté cette année au Japon.
- La police sera déployée dans les préfectures d’Iwate et d’Akita pour participer à la chasse aux ours, en raison de la pénurie de chasseurs locaux.
- Des renforts policiers seront envoyés pour aider à la traque, ciblant principalement les ours qui s’approchent des zones résidentielles.
Le Japon est confronté à une crise grandissante liée à la prolifération des ours. Treize personnes ont déjà perdu la vie cette année à la suite d’attaques, et les incidents impliquant des animaux domestiques, notamment des chiens, se multiplient. Hier, un ours a même fait irruption sur la piste de l’aéroport, provoquant des retards de vols. Cette situation a conduit le gouvernement à prendre des mesures drastiques.
L’Agence nationale de la police a révisé, le 6 novembre, les règles de la Commission nationale de la sécurité publique, autorisant l’utilisation d’armes à feu par les forces de l’ordre pour la chasse aux ours. Un avis a été diffusé hier à tous les policiers du pays, détaillant les procédures d’intervention et les consignes de sécurité. En cas d’aggravation de la situation dans d’autres régions, un déploiement supplémentaire de personnel est envisagé.
Les équipes de chasse à l’ours, composées de quatre policiers dont deux armés, seront déployées dans les préfectures d’Iwate et d’Akita. Leur mission principale consistera à traquer les ours qui s’aventurent dans les zones habitées, et non à pénétrer dans les montagnes pour les abattre. Une première phase de coopération avec les clubs de chasse locaux permettra de comprendre les habitudes des animaux et de définir leurs zones de prédilection, avant le début officiel de la chasse dans les deux semaines à venir.
L’inquiétude est palpable parmi les habitants. Un homme d’une soixantaine d’années, résidant dans la ville de Shikaku (préfecture d’Akita), témoigne de sa peur quotidienne :
« On vit dans l’angoisse que les ours apparaissent à tout moment. Ils ont compris que la nourriture est plus abondante et l’environnement plus favorable près des habitations, et ils ont de moins en moins peur des humains. »
Habitant de Shikaku, préfecture d’Akita
Il souligne l’importance d’une intervention ferme :
« Si les ours ne réapprennent pas à craindre l’homme, ils ne retourneront jamais dans les montagnes. La police doit utiliser des armes à feu pour résoudre ce problème. »
Habitant de Shikaku, préfecture d’Akita
Les autorités locales ont lancé des appels à la vigilance, exhortant les habitants à verrouiller leurs portes et à limiter leurs déplacements. Certains ont déjà modifié leurs habitudes, privilégiant la voiture à la marche. D’autres, hantés par des cauchemars, aspirent à un retour à la normale.
Les animaux domestiques sont également menacés. Hier matin, un Shiba Inu de quatre ans a été attaqué et emporté par un ours dans la ville d’Akita. Son propriétaire avait tenté de faire fuir l’animal à l’aide de pétards, mais l’ours a dérobé le chien ainsi que sa niche. Le collier de l’animal a été retrouvé lors de recherches menées par les clubs de chasse, mais aucune trace de l’ours ou du Shiba Inu n’a été détectée. Un autre Shiba Inu avait déjà été attaqué dans la ville d’Odate (préfecture d’Akita) le mois dernier.
La garde des animaux à l’extérieur augmente considérablement le risque d’attaques.
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