Publié le 25 octobre 2025 19h43. Des scientifiques de Los Angeles ont réussi à inverser les signes du vieillissement cérébral chez des souris, ouvrant la voie à de nouvelles thérapies potentielles contre la maladie d’Alzheimer et d’autres troubles cognitifs liés à l’âge.
- Une équipe de Cedars-Sinai a inversé les signes du vieillissement cérébral et amélioré la mémoire chez des souris.
- L’expérience a utilisé des cellules immunitaires « jeunes » créées à partir de cellules souches humaines.
- Les résultats suggèrent une nouvelle approche pour traiter la maladie d’Alzheimer et d’autres démences.
Des chercheurs de Cedars-Sinai à Los Angeles, aux États-Unis, ont franchi une étape importante dans la lutte contre le déclin cognitif lié à l’âge. Ils ont réussi à inverser les signes du vieillissement cérébral et à améliorer la mémoire chez des souris âgées grâce à une thérapie innovante basée sur des cellules immunitaires rajeunies. Cette avancée, publiée dans la revue Advanced Science, pourrait ouvrir de nouvelles perspectives pour le traitement de la maladie d’Alzheimer et d’autres maladies neurodégénératives.
L’équipe a constaté des améliorations significatives de la mémoire et de la santé des cellules cérébrales après l’administration de ces cellules immunitaires aux souris âgées et à des modèles animaux atteints de la maladie d’Alzheimer. Ces cellules, appelées phagocytes mononucléés, jouent un rôle crucial dans l’élimination des débris et des substances nocives dans l’organisme. Cependant, leur efficacité diminue avec l’âge.
L’innovation réside dans la capacité de l’équipe à produire ces phagocytes mononucléés « jeunes » en laboratoire, à partir de cellules souches pluripotentes induites. Ce processus permet de reprogrammer des cellules adultes pour qu’elles retrouvent un état embryonnaire, leur conférant la capacité de se différencier en n’importe quel type de tissu. Selon Science Quotidien, les animaux traités ont surpassé les groupes témoins dans les tests de mémoire, confirmant l’effet positif sur l’apprentissage et la préservation des souvenirs.
« Nous avons réussi à fabriquer une version jeune de ces cellules en laboratoire, ce qui représente une différence clé par rapport aux tentatives précédentes réalisées avec des transfusions de sang ou de plasma à partir d’échantillons plus jeunes. »
Clive Svendsen, directeur de l’Institut de médecine régénérative
Les chercheurs ont également observé une augmentation du nombre de « cellules moussues » dans l’hippocampe, la région du cerveau responsable de l’apprentissage et de la mémoire. Le nombre de ces cellules diminue naturellement avec l’âge et dans le cadre de la maladie d’Alzheimer. De plus, les microglies, des cellules immunitaires spécialisées du cerveau, ont conservé leur structure ramifiée habituelle, signe d’une bonne santé et d’un bon fonctionnement. La perte de cette ramification est généralement associée au vieillissement et à une diminution de la capacité du cerveau à éliminer les tissus endommagés.
Bien que le mécanisme exact par lequel ces cellules parviennent à inverser le vieillissement cérébral ne soit pas encore entièrement élucidé, les scientifiques suspectent qu’elles agissent en libérant des protéines anti-âge ou des vésicules qui atteignent le cerveau via la circulation sanguine, ou en éliminant des substances qui accélèrent le processus de vieillissement.
Cette approche pourrait ouvrir la voie à des thérapies personnalisées pour lutter contre le déclin cognitif et d’autres pathologies liées à l’âge. Selon Jeffrey A. Golden, vice-doyen à la recherche et à l’éducation à Cedars-Sinai, un traitement à court terme a permis d’obtenir des améliorations mesurables de la mémoire et de la santé cérébrale, faisant de ces cellules de jeunes candidates prometteuses pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer et d’autres types de démence.
Les recherches se poursuivent afin de préciser le mode d’action de ces cellules, d’évaluer leurs effets à long terme et de garantir leur innocuité avant de lancer des essais cliniques chez l’homme. L’étude souligne l’importance d’explorer davantage les thérapies basées sur les cellules souches et la médecine régénérative dans la lutte contre le vieillissement et les maladies neurodégénératives.
