Publié le 30 octobre 2025 14h42. Une plante médicinale chinoise traditionnelle, le Scléromytrion diffus, présente un potentiel prometteur dans la lutte contre le cancer gastrique, grâce à ses multiples mécanismes d’action et à ses composés bioactifs, comme le révèlent de récentes recherches.
- Le Scléromytrion diffus contient des flavonoïdes, des anthraquinones, des terpénoïdes et des polysaccharides qui inhibent la croissance tumorale et favorisent la mort des cellules cancéreuses.
- Cette plante agit sur plusieurs voies moléculaires clés impliquées dans le développement du cancer gastrique, notamment l’apoptose, la ferroptose et la métastase.
- Des recherches futures sont nécessaires pour améliorer la biodisponibilité des composés actifs et explorer des combinaisons thérapeutiques synergiques, notamment avec l’immunothérapie.
Le cancer gastrique demeure un problème de santé publique majeur à l’échelle mondiale, caractérisé par un taux de mortalité élevé et une efficacité limitée des traitements conventionnels, en particulier aux stades avancés de la maladie. La chirurgie et la chimiothérapie, bien qu’essentielles, peuvent entraîner des effets secondaires importants et ne parviennent pas toujours à offrir des résultats optimaux. Face à ce défi, la communauté scientifique se tourne de plus en plus vers des approches alternatives, plus sûres et plus efficaces.
Le Scléromytrion diffus (Willd.), une plante utilisée depuis des siècles en médecine traditionnelle chinoise (MTC) pour ses propriétés anticancéreuses, suscite un intérêt croissant. Des études récentes confirment son potentiel clinique dans le traitement du cancer gastrique, en mettant en évidence ses composants bioactifs et leurs mécanismes d’action complexes.
Les chercheurs ont identifié plusieurs constituants clés du Scléromytrion diffus responsables de ses effets thérapeutiques. Parmi eux figurent les flavonoïdes, tels que la quercétine et le kaempférol, les anthraquinones, les terpénoïdes, les stérols et les polysaccharides. Ces composés agissent de manière synergique pour inhiber la prolifération des cellules cancéreuses, induire leur mort programmée (apoptose) et empêcher la formation de métastases.
Plus précisément, les flavonoïdes et les anthraquinones activent les voies apoptotiques intrinsèques et extrinsèques, tandis que les terpénoïdes ciblent les voies de signalisation oncogènes. Les polysaccharides, quant à eux, renforcent la fonction immunitaire en activant les lymphocytes et les macrophages, offrant ainsi une double action : une suppression directe de la tumeur et une stimulation des défenses naturelles de l’organisme.
Les mécanismes moléculaires par lesquels le Scléromytrion diffus intervient dans la lutte contre le cancer gastrique sont multiples. La plante induit l’apoptose en modulant l’activité de certaines enzymes (caspase-3/9) et en régulant des voies de signalisation importantes (AMPK/mTOR et PI3K/AKT). Elle favorise également la ferroptose, un processus de mort cellulaire spécifique, en augmentant la peroxydation lipidique et en inhibant l’axe antioxydant NRF2/XCT.
De plus, le Scléromytrion diffus inhibe la prolifération des cellules cancéreuses en arrêtant le cycle cellulaire aux phases G0/G1 ou G2/M, et en supprimant l’invasion et les métastases en inversant la transition épithéliale-mésenchymateuse (EMT). Enfin, elle inhibe l’angiogenèse, c’est-à-dire la formation de nouveaux vaisseaux sanguins qui alimentent la tumeur, et améliore la fonction immunitaire en activant les cellules dendritiques, les cellules tueuses naturelles et la production de cytokines.
Malgré ces avancées prometteuses, des défis subsistent. La faible solubilité et la biodisponibilité limitée de certains composés actifs, comme la quercétine et l’acide ursolique, entravent leur application clinique. Les recherches futures devront donc se concentrer sur la modification structurelle de ces composés pour améliorer leur efficacité et leur stabilité, ainsi que sur le développement de nano-formulations et de systèmes d’administration liposomaux pour augmenter leur biodisponibilité. L’exploration de combinaisons médicamenteuses synergiques, notamment avec l’immunothérapie, pourrait également permettre de maximiser les résultats thérapeutiques. Immunothérapie.
En conclusion, le Scléromytrion diffus représente une piste thérapeutique prometteuse pour le traitement du cancer gastrique, validée à la fois par une longue tradition d’utilisation en MTC et par des preuves scientifiques modernes. Son approche multi-composés et multi-voies s’inscrit dans une perspective holistique et offre des perspectives intéressantes pour le développement de stratégies anticancéreuses innovantes, efficaces et plus sûres. Des études translationnelles supplémentaires sont nécessaires pour exploiter pleinement son potentiel clinique.
Source:
Référence du journal :
Zhang, Y.-X., et al. (2025). Pharmacological insights into Scléromytrion diffus (Willd.) against gastric cancer: active components and mechanistic pathways. Advances in Oncology. doi.org/10.14218/ona.2025.00011
