Publié le 16 décembre 2023. Loin des remèdes miracles, la clé d’une vie longue et épanouie réside dans l’adoption d’habitudes saines et une approche proactive de la prévention, selon le docteur Ángel Durántez. Une prise de conscience croissante se heurte toutefois à une polarisation des comportements en matière de santé.
- Le docteur Ángel Durántez insiste sur l’importance de la médecine préventive et des habitudes de vie saines pour favoriser la longévité.
- Une étude américaine révèle que seulement une personne sur 5 000 atteint l’âge de 100 ans, et que les femmes représentent 85 % de ces centenaires.
- Quatre habitudes clés – gestion du stress, alimentation équilibrée, activité physique régulière et abstinence du tabac – sont associées à une espérance de vie accrue.
Le docteur Ángel Durántez met en avant le rôle crucial de la médecine préventive dans l’amélioration de la longévité. Selon lui, la recette d’une vie plus longue et en meilleure santé ne tient pas dans des solutions miracles, mais dans l’adoption d’un mode de vie sain et une prévention active des maladies. Il a partagé sa vision lors d’une récente interview dans le podcast j’ai un plan, abordant les défis de santé actuels et les tendances qui façonnent notre approche du bien-être à long terme.
Durántez, auteur de Jeune à 100 ans et reconnu par Forbes comme l’un des meilleurs médecins d’Espagne, observe une société de plus en plus divisée en matière de comportements liés à la santé. Alors qu’un segment de la population manifeste une conscience accrue de l’importance de la santé, un autre semble s’éloigner des pratiques de base.
« Nous allons aux extrêmes. Il y a un groupe avec un niveau de conscience saine très élevé et un autre qui est abandonné. »
Docteur Ángel Durántez
Le docteur Durántez traite des patients en Espagne, en Amérique latine et à Miami, ce qui lui permet d’observer ces tendances à l’échelle internationale.
Parallèlement, une étude menée par le docteur Thomas Perls, directeur de la New England Centenarian Study à l’Université de Boston, révèle qu’aux États-Unis, seulement une personne sur 5 000 atteint l’âge de 100 ans, et que 85 % d’entre eux sont des femmes. Les centenaires ont tendance à vieillir lentement, retardant l’apparition des maladies liées à l’âge.
Pour maximiser ses chances de vivre longtemps, le docteur Perls recommande quatre habitudes essentielles : gérer le stress, adopter une alimentation saine avec une faible consommation de viande, éviter le tabac et pratiquer une activité physique régulière. Bien que la génétique joue un rôle important, les comportements sains ont une influence plus marquée jusqu’à l’âge de 90 ans. Au-delà de 110 ans, l’héritage génétique devient un facteur déterminant.
L’étude souligne que l’espérance de vie moyenne des Américains, d’environ 77 ans, est affectée par des inégalités en matière d’éducation, d’accès aux soins de santé et de statut socio-économique. Cependant, les centenaires font généralement preuve de résilience face à des maladies telles que le diabète, le cancer ou les maladies cardiovasculaires, et conservent leur autonomie jusqu’à l’âge de 94 ou 95 ans. La recherche vise à identifier les facteurs de protection génétiques présents chez ces individus afin d’améliorer le vieillissement général de la population et de retarder ou de prévenir des maladies telles que la maladie d’Alzheimer.
Durántez souligne que, même si l’espérance de vie continue d’augmenter, la qualité de ces années supplémentaires dépend largement des choix quotidiens. Il observe que la modération, autrefois courante, a cédé la place à une société de contrastes, où l’information est abondante mais ne se traduit pas toujours par des pratiques saines.
Il note que les jeunes Espagnols constituent un groupe important qui se soucie de sa santé, mais que des habitudes néfastes telles qu’une mauvaise alimentation et un manque d’hygiène du sommeil persistent.
Concernant la compréhension du vieillissement, Durántez se réfère à des définitions scientifiques récentes qui le décrivent comme le déclin progressif des capacités intrinsèques de l’organisme. Ce processus, comme expliqué dans j’ai un plan, commence dès les premiers stades de la vie, dès la conception, et s’accélère après 30 ou 40 ans.
Il distingue également l’âge chronologique de l’âge biologique, ce dernier étant déterminé par l’état réel des organes et des systèmes, et non seulement par le nombre d’années vécues.
Le médecin souligne que la prévention cardiovasculaire est un pilier fondamental pour une longue vie, car les maladies cardiaques et les accidents vasculaires cérébraux restent la principale cause de décès. « La prévention cardiovasculaire a allongé l’espérance de vie moyenne ces dernières années », a-t-il déclaré.
Dans sa pratique clinique, Durántez privilégie cinq piliers de la longévité : l’exercice, la nutrition, l’hygiène du sommeil, la gestion du stress et l’attitude face à la vie. « L’exercice est une excellente pilule, probablement la meilleure qui soit », a-t-il affirmé, insistant sur le fait qu’aucun médicament ne peut égaler les bienfaits d’une activité physique régulière.
Il recommande de combiner des exercices de musculation avec des activités cardiovasculaires, sans négliger la souplesse et l’équilibre, et suggère à chacun de trouver l’activité qui le motive le plus, qu’il s’agisse de sports de combat ou de simples marches quotidiennes.
La nutrition occupe une place centrale dans ses recommandations. Le médecin défend le régime méditerranéen comme le modèle le plus solide, tant sur le plan scientifique que clinique. « Le régime méditerranéen est sans aucun doute le meilleur », a-t-il assuré dans j’ai un plan.
Il précise toutefois qu’il n’existe pas de régime universel et que les besoins varient en fonction du sexe, de l’âge et du niveau d’activité physique. Il souligne l’importance de consommer suffisamment de protéines – plus d’un gramme par kilo de poids, et jusqu’à deux pour les personnes actives – et de privilégier les aliments frais, en évitant les produits ultra-transformés. Le modèle de l’assiette Harvard, avec une prédominance de légumes verts, de protéines de qualité et de graisses saines comme l’huile d’olive et l’avocat, est l’un de ses guides pratiques.
En matière de microhabitudes, Durántez recommande des actions simples mais efficaces : marcher davantage, boire de l’eau, maintenir des horaires de sommeil réguliers, éviter les écrans avant de se coucher et dîner tôt. Le jeûne intermittent, notamment en sautant le dîner, a montré ses bienfaits dans des études récentes, bien que le spécialiste insiste sur le fait que toutes les stratégies ne fonctionnent pas de la même manière pour tout le monde.
La gestion du stress et l’attitude face à la vie sont, pour Durántez, aussi déterminantes que l’alimentation ou l’exercice. « Le mouvement comme principale habitude de vie et l’attitude, le niveau de stress, rivalisent pour la première place », a-t-il déclaré.
Il identifie le stress professionnel et émotionnel comme les principaux générateurs d’inconfort et suggère des pratiques telles que la pleine conscience, la méditation, l’exercice ou des activités qui nécessitent de la concentration pour contrecarrer ses effets. Il reconnaît également qu’une exigence excessive envers soi-même peut être néfaste et qu’apprendre à gérer ses attentes est essentiel au bien-être.
Concernant la supplémentation, le médecin adopte une position équilibrée. Il estime que les suppléments peuvent être utiles lorsque l’alimentation ne couvre pas tous les besoins, notamment en vitamine D, en oméga 3, en coenzyme Q10, en probiotiques et, dans certains cas, en créatine.
Il prévient toutefois que les suppléments ne remplacent pas les habitudes fondamentales et que leur utilisation doit être basée sur la mesure des biomarqueurs et des besoins individuels. « On ne peut pas aller à Z sans faire l’ABC », résume-t-il dans j’ai un plan.
Dans le domaine des thérapies avancées, Durántez observe avec intérêt la montée du biohacking et de l’expérimentation des thérapies géniques, tout en mettant en garde contre les risques liés à l’application de ces techniques chez des personnes en bonne santé sans preuves suffisantes.
Enfin, le spécialiste invite à réfléchir sur la qualité de vie des personnes âgées plutôt que sur la durée exacte de l’existence. Lors de l’interview à j’ai un plan, il a souligné que le véritable défi est de maintenir l’autonomie et le bien-être jusqu’au dernier jour, en minimisant la souffrance et la dépendance.
Tout au long de la conversation, Durántez a réitéré l’importance de la prévention, de la personnalisation des habitudes et d’une attitude positive comme outils essentiels pour une longévité saine, une vision qui, selon ses paroles et son expérience, peut faire une différence dans la vie de chacun.
