Publié le 18 octobre 2025 à 10h26 (heure de l’Inde). Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a lancé un appel sans précédent aux Afghans résidant au Pakistan pour qu’ils retournent dans leur pays, tout en accusant Kaboul de collusion avec l’Inde et le Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), sur fond de tensions frontalières croissantes.
- Khawaja Asif demande à tous les Afghans au Pakistan de rentrer chez eux.
- Il accuse le gouvernement taliban d’être un « mandataire » de l’Inde et de conspirer avec le TTP.
- Le Pakistan affirme avoir subi plus de 10 000 attaques terroristes depuis 2021.
Dans un contexte de recrudescence des affrontements à la frontière avec l’Afghanistan, le ministre pakistanais de la Défense a adopté un ton particulièrement ferme vendredi. Khawaja Asif estime que l’ère des relations traditionnelles avec son voisin est révolue et que les Afghans doivent désormais retourner dans leur pays, où, selon lui, ils disposent d’un gouvernement légitime.
« Nos terres et nos ressources appartiennent à 250 millions de Pakistanais », a déclaré Asif sur les réseaux sociaux. Il a souligné que le Pakistan avait fait preuve de patience pendant des années, en envoyant 836 notes de protestation et 13 démarches diplomatiques suite à des incidents terroristes transfrontaliers répétés, sans obtenir de réponse positive de Kaboul.
Le ministre a prévenu qu’il n’y aurait plus de tentatives de dialogue ou de médiation. « Quelle que soit la source du terrorisme, elle devra en payer le prix fort », a-t-il affirmé. Il accuse le gouvernement taliban d’agir comme un « mandataire de l’Inde » et de conspirer avec New Delhi et le Tehreek-i-Taliban Pakistan (TTP), une organisation interdite au Pakistan.
« Les dirigeants de Kaboul, qui sont désormais aux côtés de l’Inde et conspirent contre le Pakistan, étaient autrefois sous notre protection, se cachant sur nos terres. »
Khawaja Asif, ministre pakistanais de la Défense
Ces déclarations interviennent alors qu’un cessez-le-feu de 48 heures entre le Pakistan et l’Afghanistan est arrivé à expiration. Des informations suggèrent qu’une prolongation est en cours de discussion, et que des négociations pourraient avoir lieu à Doha pour tenter de trouver une solution. Cependant, les talibans ont accusé Islamabad de mener des frappes aériennes dans plusieurs districts de la province afghane de Paktika, affirmant que la trêve avait été rompue, selon l’agence de presse AFP.
Le Pakistan a également mis en avant le lourd bilan humain et sécuritaire qu’il a subi depuis la prise de pouvoir par les talibans en 2021, avec plus de 10 347 attaques terroristes qui ont fait 3 844 victimes, parmi lesquelles des civils et des membres des forces de sécurité.
Asif a conclu en soulignant que « les nations qui se respectent ne prospèrent pas sur des terres et des ressources étrangères ». Il a réaffirmé la détermination du Pakistan à se défendre face à toute agression.
