Publié le 15 octobre 2025 à 10h24. L’or a atteint un nouveau sommet historique, porté par les tensions commerciales sino-américaines et l’optimisme économique, tandis que les marchés financiers américains affichent des résultats mitigés.
- Le prix au comptant de l’or a grimpé de 0,75 %, atteignant 4 140,97 $ US l’once (environ 3 840 €).
- Les contrats à terme sur l’or américain ont augmenté de 0,77 %, à 4 140,20 $ US l’once (environ 3 835 €).
- Les analystes de Goldman Sachs soulignent le risque d’une correction si les investissements ralentissent, mais notent le soutien des achats des banques centrales et des perspectives de baisse des taux d’intérêt.
La valeur de l’or continue de s’envoler, atteignant un nouveau record historique hier, sous l’impulsion d’une conjoncture internationale marquée par des tensions commerciales croissantes entre les États-Unis et la Chine. L’optimisme affiché par le Fonds monétaire international (FMI) et le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Jerome Powell, contribue également à cette dynamique haussière. Dans ce contexte, les marchés financiers de Wall Street ont clôturé de manière contrastée mardi (14 octobre 2025), heure de New York.
Les prix au comptant de l’or ont progressé de 0,75 %, s’établissant à 4 140,97 $ US l’once, tandis que les contrats à terme sur l’or américain ont gagné 0,77 %, pour atteindre 4 140,20 $ US l’once. Cette huitième semaine consécutive de hausse témoigne d’une forte demande pour les actifs refuges, exacerbée par les incertitudes géopolitiques et politiques.
Ce mercredi 15 octobre 2025, à 05h21 WIB, le prix de l’or a poursuivi sa progression, atteignant 4 161,52 $ US, soit une augmentation de 0,45 % ou 18,50 $ US.
Malgré cette dynamique positive, les analystes de Goldman Sachs mettent en garde contre un risque de correction du marché des métaux précieux si les flux d’investissement venaient à ralentir. Ils soulignent toutefois que la hausse actuelle des prix est soutenue par les achats massifs des banques centrales, l’augmentation des avoirs dans les fonds communs de placement basés sur l’or, ainsi que par l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt par la Fed.
« Il ne semble pas y avoir de raison valable d’aller à l’encontre de la tendance de l’or et de l’argent. »
Shyam Devani, investisseur à Singapour
Selon Shyam Devani, les problèmes fondamentaux tels qu’une situation budgétaire fragile et une politique monétaire incertaine continueront de soutenir la hausse des prix des métaux précieux. Les quatre principaux métaux précieux ont ainsi bondi de 57 % à 82 % cette année, une performance remarquable qui domine les marchés des matières premières.
Parallèlement, Reuters rapporte que le marché boursier américain a perdu de son élan en fin de séance, après l’annonce par le président américain Donald Trump de son intention de mettre fin partiellement aux relations commerciales avec la Chine. Le S&P 500 et le Nasdaq ont clôturé en territoire négatif, tandis que le Dow Jones Industrial Average a progressé de 0,44 %, à 46 270,46 points. Le S&P 500 a reculé de 0,16 %, à 6 644,31 points, et le Nasdaq a chuté de 0,76 %, à 22 521,70 points.
Dans son allocution, le président de la Fed, Jerome Powell, a estimé que l’économie américaine restait sur une trajectoire de croissance « plus forte que prévu », tout en soulignant qu’aucune politique monétaire n’était sans risque dans un contexte de tensions entre les objectifs d’inflation et d’emploi.
Le rapport du FMI a quant à lui renforcé son optimisme, en relevant ses projections de croissance mondiale, estimant que l’impact de la guerre commerciale et les conditions financières étaient moins sévères que prévu. L’agence a toutefois averti qu’une escalade du conflit tarifaire entre les deux plus grandes économies mondiales pourrait freiner considérablement la production.
« Le marché écoute désormais deux choses à la fois, la rhétorique de la guerre commerciale et les fondamentaux économiques. »
Peter Cardillo, économiste en chef chez Spartan Capital Securities à New York
Le prix du pétrole brut américain (WTI) a diminué de 1,33 %, à 58,70 $ US le baril, tandis que le prix du pétrole Brent a baissé de 1,47 %, à 62,39 $ US le baril. Sur le marché des changes, le dollar américain s’est affaibli de 0,26 %, à 99,04 face à un panier de principales devises. L’euro s’est renforcé de 0,31 %, à 1,1604 $ US, tandis que le yen japonais a gagné 0,37 %, à 151,71 pour un dollar américain. La montée des risques géopolitiques a favorisé le franc suisse et le yen japonais, considérés comme des valeurs refuges.
La saison des résultats financiers du troisième trimestre à Wall Street a débuté avec des chiffres positifs de la part de plusieurs grandes banques, dont JPMorgan Chase, Goldman Sachs, Citigroup et Wells Fargo. « Si la performance des banques peut servir d’indicateur, cette saison de résultats financiers a le potentiel d’être solide », a déclaré Peter Cardillo, ajoutant que cela confirme la position du marché qui a atteint un niveau record.
En Europe, les indices boursiers ont également affiché des signes de faiblesse suite aux tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine. L’indice paneuropéen STOXX 600 a cédé 0,37 %, tandis que le FTSEurofirst 300 a perdu 0,33 %. L’indice mondial MSCI a chuté de 0,25 %, à 978,64. Ces tensions se sont intensifiées après que la Chine a renforcé ses contrôles à l’exportation sur les terres rares et que Washington a menacé d’imposer des droits de douane à trois chiffres, ajoutant ainsi à l’incertitude quant à l’orientation de l’économie mondiale dans un contexte de transition de politique monétaire.
