Publié le 27 novembre 2025 00:56:00. Pour les personnes âgées souffrant d’insomnie chronique, le tai-chi pourrait s’avérer aussi efficace que la thérapie cognitivo-comportementale, selon une étude menée à Hong Kong et publiée dans The BMJ.
- Le tai-chi offre une alternative thérapeutique non médicamenteuse pour gérer l’insomnie chronique chez les adultes d’âge moyen et plus âgés.
- À long terme (15 mois), les bénéfices du tai-chi sur la qualité du sommeil se sont avérés comparables à ceux de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC).
- L’étude souligne l’importance d’approches accessibles pour lutter contre l’insomnie, un trouble fréquent associé à des risques pour la santé.
L’insomnie chronique, un trouble du sommeil touchant de nombreux adultes d’âge moyen et plus âgés, est reconnue comme un facteur de risque pour les maladies cardiovasculaires, les troubles mentaux et les problèmes cognitifs. La thérapie cognitivo-comportementale (TCC), une approche psychologique axée sur les pensées et les comportements, est considérée comme le traitement de première intention. Cependant, son accès peut être limité en raison de son coût et du manque de thérapeutes disponibles.
Des recherches antérieures avaient déjà suggéré les bienfaits du tai-chi, une discipline traditionnelle chinoise combinant mouvements lents et méditation, sur la qualité du sommeil. Néanmoins, il manquait des études comparant directement le tai-chi à des traitements actifs comme la TCC. Afin de combler cette lacune, des chercheurs de Hong Kong ont mené une étude rigoureuse.
Entre mai 2020 et juillet 2022, 200 adultes chinois âgés de 50 ans ou plus, diagnostiqués avec une insomnie chronique, ont participé à l’étude. Les participants, capables de marcher sans assistance et ne présentant pas de pathologies chroniques susceptibles d’affecter leur sommeil, n’avaient pas l’habitude de pratiquer régulièrement une activité physique intense ni suivi de thérapie TCC auparavant. Ils ne travaillaient pas non plus en horaires décalés.
Les participants ont été répartis aléatoirement en deux groupes : un groupe pratiquant le tai-chi et un groupe recevant une thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCC-I). Chaque groupe a bénéficié de séances de groupe d’une heure, deux fois par semaine, pendant un total de 24 séances.
L’évolution de la gravité de l’insomnie a été évaluée à l’aide de l’Indice de gravité de l’insomnie (IGI), un questionnaire standardisé prenant en compte les difficultés d’endormissement, les réveils nocturnes, le réveil précoce et l’impact de l’insomnie sur la vie quotidienne. Les mesures ont été prises immédiatement après les trois mois de traitement, puis lors d’un suivi à 15 mois.
Les résultats initiaux, après trois mois, ont montré une réduction plus importante des scores IGI dans le groupe TCC-I (11,19 points) par rapport au groupe tai-chi (6,67 points), avec une différence de 4,52 points. À ce stade, le tai-chi était considéré comme moins efficace que la TCC-I. Cependant, au bout de 15 mois, les réductions étaient similaires dans les deux groupes (9,51 points pour le tai-chi et 10,18 points pour la TCC-I), avec une différence minime de 0,68 point. Le tai-chi était alors considéré comme non inférieur à la TCC-I.
L’étude a également révélé que le tai-chi et la TCC-I avaient des effets comparables sur la qualité de vie, la santé mentale et le niveau d’activité physique des participants. Aucun effet indésirable n’a été signalé pendant la période d’intervention.
Les auteurs de l’étude soulignent que les effets bénéfiques du tai-chi pourraient être liés à la pratique régulière de cette discipline par les participants après la fin des séances. Ils recommandent des recherches supplémentaires pour déterminer si ces résultats peuvent être généralisés à d’autres populations et contextes culturels. Ils concluent néanmoins :
« Notre étude soutient l’utilisation du tai-chi comme approche thérapeutique alternative pour la gestion à long terme de l’insomnie chronique chez les adultes d’âge moyen et plus âgés. »
