Publié le 2024-02-29 10:32:00. Une équipe de chercheurs néerlandais explore une approche innovante pour améliorer la gestion du diabète de type 1 : l’administration de bactéries intestinales sous forme de capsule, une alternative moins invasive aux greffes de microbiote fécal traditionnelles.
- Une étude préliminaire suggère que cette « pilule de microbiote » pourrait stabiliser la glycémie et réduire les besoins en insuline chez les patients atteints de diabète de type 1.
- La procédure actuelle de greffe de microbiote fécal, réalisée par sonde naso-intestinale, est invasive et chronophage.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer l’efficacité de cette nouvelle approche et déterminer les patients qui pourraient en bénéficier le plus.
Pour les personnes atteintes de diabète de type 1, une maladie auto-immune qui détruit les cellules du pancréas responsables de la production d’insuline, l’administration d’insuline est une nécessité vitale. Des études récentes ont mis en évidence le rôle crucial du microbiote intestinal – l’ensemble des bactéries présentes dans l’intestin – dans la régulation du système immunitaire. L’hypothèse sous-jacente à cette nouvelle recherche est que la modification du microbiote intestinal pourrait moduler la réponse immunitaire et potentiellement ralentir la destruction des cellules productrices d’insuline.
Jusqu’à présent, la greffe de microbiote fécal, qui consiste à transférer les bactéries intestinales d’un donneur sain à un receveur, était la principale méthode d’exploration de cette piste. Cependant, cette procédure est complexe et nécessite l’introduction d’une sonde par le nez jusqu’aux intestins, ce qui la rend peu pratique pour de nombreux patients. Les chercheurs de l’Amsterdam UMC ont donc développé une capsule contenant des bactéries intestinales, une alternative plus simple et mieux tolérée.
Une première étude de sécurité, menée sur dix participants, a révélé que la capsule était bien tolérée et n’entraînait pas d’effets secondaires graves. Les participants ont pris la capsule pendant trois mois et ont présenté une production d’insuline plus stable ainsi qu’une glycémie plus régulière. De plus, leurs besoins en insuline ont diminué pendant et après la période de traitement, alors qu’ils avaient tendance à augmenter auparavant.
« Pour les patients, c’est une alternative beaucoup plus conviviale qu’une sonde. Ces premiers résultats sont encourageants, mais il est essentiel de confirmer ces observations dans une étude plus vaste avec un groupe témoin. »
Chercheur de l’Amsterdam UMC (nom non spécifié dans la source)
Les prochaines étapes de la recherche consisteront à évaluer l’efficacité de la capsule dans une étude contrôlée avec un groupe témoin, afin de déterminer si elle peut réellement protéger les cellules productrices d’insuline à long terme. Les chercheurs souhaitent également identifier les patients atteints de diabète de type 1 qui pourraient bénéficier le plus de ce traitement et déterminer la dose optimale de capsules à administrer.
