Publié le 5 janvier 2026 à 12h26. Nicolás Maduro, l’ancien président vénézuélien, et son épouse Cilia Flores ont comparu ce lundi devant un tribunal fédéral de New York, marquant le début de leur procès aux États-Unis après une opération militaire qui a conduit à leur capture au Venezuela.
- Nicolás Maduro et Cilia Flores sont accusés de narcoterrorisme et de trafic de cocaïne vers les États-Unis.
- Le juge fédéral Alvin K. Hellerstein, connu pour son expérience dans les affaires de terrorisme et de criminalité transnationale, présidera le procès.
- Le Venezuela a dénoncé l’intervention américaine et a mis en place une commission pour demander la libération de Maduro et de son épouse.
L’ancien président vénézuélien et la députée Flores ont été transférés aux États-Unis après une opération militaire d’envergure menée au Venezuela, impliquant des bombardements et le déploiement de forces américaines à Caracas et dans d’autres régions du pays. Le président américain Donald Trump a déclaré que les États-Unis « gouverneront » le Venezuela jusqu’à une « transition sûre, appropriée et raisonnable ».
À Caracas, la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodríguez a assumé la présidence par intérim, suite à une décision de la Cour suprême, afin d’assurer la continuité administrative et la défense du pays. Le Venezuela a fermement condamné l’intervention américaine, qualifiant l’opération de violation de sa souveraineté. Une commission de haut niveau, présidée par Jorge Rodríguez, président de l’Assemblée nationale, et le ministre des Affaires étrangères Iván Gil, a été formée pour exiger la libération de Maduro et de son épouse. Le ministre de l’Information, Freddy Ñáñez, en fera également partie.
Le procès se déroulera devant le juge fédéral Alvin K. Hellerstein, 92 ans, à Manhattan. Nommé par Bill Clinton il y a près de trente ans, Hellerstein est reconnu pour son expertise dans les affaires liées au terrorisme, au trafic international de drogue, à la sécurité nationale et à la criminalité transnationale. Il dirige actuellement le procès de l’ancien général vénézuélien Hugo Armando Carvajal, surnommé « El Pollo », accusé de trafic de drogue. Dans cette affaire, le juge a déjà établi le calendrier de la procédure et a accepté des preuves reliant Carvajal à la corruption et à la violence liées au Cartel des Soleils.
Selon le ministère de la Justice américain, Maduro est accusé de complot narcoterroriste, de complot en vue d’importer de la cocaïne aux États-Unis, de possession d’armes automatiques et d’explosifs, et de complot en vue d’utiliser ces armes contre le pays. Cilia Flores est quant à elle accusée d’avoir fourni un soutien logistique et financier à la même structure criminelle. L’accusation inclut également Nicolás Ernesto Maduro Guerra, fils du président, et Diosdado Cabello Rondón, un ancien ministre de l’Intérieur. Au total, six personnes sont inculpées : Nicolás Maduro, Cilia Flores, Nicolás Ernesto Maduro Guerra, Diosdado Cabello Rondón, Ramón Rodríguez Chacín, et Héctor Rusthenford Guerrero Flores, chef du gang criminel Tren de Aragua.
Par ailleurs, le président colombien Gustavo Petro a réagi aux déclarations du président Trump concernant une possible opération en Colombie. Dans un message sur les réseaux sociaux, Petro a mis en garde contre les conséquences d’un bombardement sans renseignements précis, soulignant le risque de victimes civiles et de radicalisation. Le ministre de la Justice colombien par intérim, Andrés Idárraga Franco, a également rejeté les menaces de Trump, assurant que le gouvernement continuerait à répondre par la voie diplomatique. Il a appelé les institutions colombiennes à se prononcer publiquement sur ces menaces.
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