Publié le 24 octobre 2024 03:22:00. Les personnes souffrant de schizophrénie présentent une espérance de vie inférieure de près de 20 ans à celle de la population générale, en raison d’une attention souvent insuffisante portée à leur santé physique. Une nouvelle étude finlandaise explore des pistes pour améliorer le dépistage et la prise en charge de ces patients.
- Les personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique vivent en moyenne 20 ans de moins que le reste de la population.
- Un outil de dépistage, basé sur le formulaire international Health Improvement Profile (HIP), pourrait améliorer la prise en compte de la santé physique des patients.
- Le manque de ressources et la complexité du formulaire sont des obstacles à la mise en œuvre du dépistage.
Une étude récente menée par Camilla Langstedt, titulaire d’une maîtrise en sciences de la santé et doctorante à l’Université de Turku, met en lumière un problème de santé publique majeur : l’espérance de vie réduite des personnes atteintes de schizophrénie. Langstedt a étudié comment le dépistage médical pourrait être intégré aux soins psychiatriques, en tenant compte des expériences des patients et des soignants.
L’infirmière psychiatrique, forte de plusieurs décennies d’expérience, a constaté que la santé physique de ses patients était trop souvent négligée. C’est cette observation qui l’a motivée à mener cette recherche, dans l’espoir de trouver des solutions concrètes.
Selon Langstedt, plusieurs facteurs contribuent à cette situation.
« Il peut s’agir, entre autres choses, de la priorisation des ressources en matière de soins de santé et des défis psychologiques des patients, mais c’est une question complexe. »
Camilla Langstedt, doctorante à l’Université de Turku
L’étude a utilisé un questionnaire, une version finnoise du formulaire international Health Improvement Profile (HIP). Cet outil permet aux infirmières de discuter avec les patients de leur état de santé physique et de leurs habitudes de vie, notamment leur poids, leur tension artérielle, leur alimentation, leur consommation de tabac et la qualité de leur sommeil.
Les patients ont exprimé leur satisfaction quant à cet outil, le trouvant facile à comprendre et stimulant leur prise de conscience de leur propre santé. Ils se sont également sentis plus impliqués dans leur traitement et plus aptes à résoudre leurs problèmes.
Cependant, le personnel soignant a souligné les difficultés liées à la mise en œuvre du dépistage, en raison du manque de moyens et de la complexité du formulaire.
« De plus, l’état mental du patient pouvait rendre difficile la réalisation du dépistage, et parfois il ne voulait pas du tout participer. »
Camilla Langstedt, doctorante à l’Université de Turku
Une espérance de vie réduite de 20 ans pour les personnes atteintes de troubles mentaux graves
Les personnes atteintes de troubles du spectre schizophrénique ont une espérance de vie inférieure de près de 20 ans à celle de la population générale. Cette différence s’explique en partie par un diagnostic tardif ou une prise en charge insuffisante des maladies physiques telles que les maladies cardiovasculaires, le diabète et l’obésité.
Il est fréquent que ces patients souffrent d’obésité ou soient fumeurs, ce qui augmente leur risque de développer diverses pathologies. Une surveillance régulière de leur santé physique est donc essentielle.
« Des routines sont nécessaires pour surveiller également la santé physique de ces patients. J’espère que nous pourrons développer des processus de soins dans lesquels il sera possible de prendre en compte à la fois la santé physique et mentale. »
Camilla Langstedt, doctorante à l’Université de Turku
La thèse de doctorat de Camilla Långstedt sera soutenue le vendredi 24 octobre à l’Université de Turku et est accessible via les archives de publications de l’Université de Turku.
