La loyauté envers son employeur semble être en perte de vitesse, surtout chez les jeunes générations. Un phénomène de désengagement discret, surnommé la « démission silencieuse », gagne du terrain, poussant les entreprises à s’interroger sur les attentes de leurs collaborateurs.
Un cadre parisien d’une cinquantaine d’années, travaillant dans le secteur de l’éducation, confiait récemment ses difficultés à motiver les membres les plus jeunes de son équipe – majoritairement des milléniaux et de la génération Z (nés entre le début des années 1980 et le début des années 2010). Bien qu’il se décrive comme un manager bienveillant, prêt à accorder des augmentations, il exprimait une certaine incompréhension face à ce qu’il percevait comme un manque de constance.
Pourtant, cette attitude pourrait bien être le symptôme d’un malaise plus profond. La « démission silencieuse », apparue dans le dictionnaire en ligne Urban Dictionary en mai 2022, se manifeste par un désinvestissement progressif au travail : les employés continuent d’occuper leur poste, mais réduisent leur implication à l’essentiel, sans chercher à dépasser les attentes minimales.
Ce phénomène n’est pas nouveau. La réputation des milléniaux, souvent dépeints comme des employés « difficiles » à gérer, est bien antérieure à la pandémie de Covid-19. Cependant, la « grande démission » observée aux États-Unis après la crise sanitaire a amplifié les discussions et a mis en lumière une remise en question généralisée des priorités professionnelles.
À ce stade, on observe l’émergence de rumeurs concernant une potentielle « grande démission 2.0 », alimentées par un besoin croissant de flexibilité et d’épanouissement professionnel. Les employés semblent de plus en plus disposés à quitter un emploi qui ne correspond pas à leurs valeurs ou à leurs aspirations, privilégiant un équilibre plus sain entre vie privée et vie professionnelle.
