Publié le 24 octobre 2025 à 23h12. Le remplacement du jockey Umberto Rispoli par José Ortiz à bord de Journalisme, à quelques jours de la Breeders’ Cup Classic, a suscité une vive réaction sur les réseaux sociaux et relance le débat sur les enjeux de la loyauté dans le monde des courses hippiques.
- Umberto Rispoli a été remplacé par José Ortiz pour la Breeders’ Cup Classic (G1) qui se déroulera le 1er novembre à Del Mar.
- Cette décision, motivée par des considérations sportives, a provoqué une vague de protestations en ligne et des discussions sur la place de la loyauté dans le milieu hippique.
- L’histoire de changements de jockeys en compétition, parfois controversés, est récurrente dans le monde des courses.
La décision de l’entraîneur Michael McCarthy de confier la monture de Journalisme à José Ortiz plutôt qu’à Umberto Rispoli, son habituel jockey, a créé une onde de choc. Si elle s’inscrit dans une logique de performance – Ortiz est réputé pour son talent – elle a néanmoins été perçue par certains comme un manque de reconnaissance envers Rispoli, qui a contribué au succès du cheval tout au long de sa saison 2025.
Ce n’est pas la première fois qu’un tel scénario se produit dans le monde des courses. L’histoire regorge d’exemples de jockeys remplacés en cours de route, parfois au moment même de la gloire. En 1962, Bill Shoemaker avait succédé à Eddie Arcaro sur le double cheval de l’année Kelso, avant de céder lui-même la monture à Milo Valenzuela. Plus tard, en 1973, Mary Jones avait retiré Shoemaker au profit de Laffit Pincay Jr. pour le cheval Cougar II, une décision qui avait fait grand bruit.
En 1979, le champion Steve Cauthen avait lui aussi été remplacé par Pincay sur Affirmed, un cheval qui allait ensuite remporter la Triple Couronne. Et en 1981, Pincay avait vu sa monture sur John Henry confiée à Shoemaker. Ces exemples illustrent une réalité souvent impitoyable : dans le monde des courses, la performance prime, et les jockeys, même les plus talentueux, peuvent être remplacés si l’on estime qu’un autre cavalier peut apporter un avantage supplémentaire.
Umberto Rispoli, qui a réalisé une année exceptionnelle avec 11,6 millions de dollars de gains, se classe au 14e rang des jockeys les plus performants du pays. Il a remporté 24 enjeux en 2025, dont 17 classés, avec 19 chevaux différents. Dans une interview accordée à IdolHorse.com, il a confié que la nouvelle avait été difficile à annoncer à ses enfants.
« C’était la partie la plus difficile, devoir dire à ma femme et à mes enfants que je ne monterai pas le cheval. Mes enfants ont pleuré pendant deux heures. »
Umberto Rispoli, jockey
Malgré cette déception, Rispoli reste concentré sur ses prochaines échéances, notamment la Breeders’ Cup, où il aura d’autres montures à défendre, dont Phénix d’or dans la Breeders’ Cup Turf (G1T), Dr Venkman dans la Breeders’ Cup Sprint (G1), et Johannes dans la Breeders’ Cup Mile (G1T).
L’entraîneur Michael McCarthy a reconnu que la décision avait été difficile, mais a souligné qu’elle s’inscrivait dans une logique de performance. Il a également évoqué les liens personnels tissés avec Rispoli au cours de la saison.
« Oui, c’était du business, mais c’était aussi personnel. Nous avons tous beaucoup voyagé ensemble. Nos enfants ont appris à se connaître. C’était dur. »
Michael McCarthy, entraîneur

Umberto Rispoli et Johannes après avoir remporté les City of Hope Mile Stakes 2024 au parc Santa Anita
