Publié le 27 novembre 2025 09:10:00. Une étude américaine alerte sur le lien croissant entre la consommation d’aliments ultra-transformés chez les jeunes adultes et le risque de développer un prédiabète, ouvrant la voie à une augmentation potentielle des cas de diabète de type 2.
- Une consommation accrue d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de prédiabète chez les jeunes adultes.
- Même une légère augmentation de la consommation de ces produits peut perturber la régulation du glucose et favoriser la résistance à l’insuline.
- Le début de l’âge adulte est une période cruciale pour adopter de bonnes habitudes alimentaires et prévenir les maladies métaboliques.
Des chercheurs de l’Université de Californie du Sud (École de médecine Keck) ont mis en évidence une corrélation claire entre la consommation d’aliments ultra-transformés et un risque accru de prédiabète chez les jeunes adultes. L’étude, publiée dans la revue Nutrition and Metabolism, révèle que même des augmentations modestes dans la consommation de ces produits peuvent avoir un impact négatif sur la régulation du glucose et accélérer l’apparition d’une résistance à l’insuline, des facteurs prédictifs d’un risque accru de diabète de type 2.
L’enquête, menée sur une période de quatre ans auprès de 85 jeunes âgés de 17 à 22 ans participant à l’étude Méta-AIR (une cohorte de l’Étude sur la santé des enfants du sud de la Californie), a permis d’évaluer l’apport alimentaire de chaque participant à deux reprises – en semaine et le week-end – afin de calculer le pourcentage de calories provenant d’aliments ultra-transformés. Parmi ces aliments figurent les boissons gazeuses, les céréales, les confiseries, les yaourts aromatisés, les tartinades industrielles et les repas pris au restaurant.
Des analyses sanguines ont été réalisées avant et après l’ingestion d’une boisson sucrée afin d’évaluer la réponse insulinique et la capacité de l’organisme à réguler la glycémie. Les résultats indiquent qu’une augmentation de 10 % de la consommation d’aliments ultra-transformés est associée à un risque accru de 64 % de prédiabète et à une probabilité 56 % plus élevée de rencontrer des difficultés de régulation du glucose.
Les participants ayant déclaré une consommation plus importante d’aliments ultra-transformés au début de l’étude ont présenté, après quatre ans, des taux d’insuline élevés, un signe précoce de résistance à cette hormone. Ce phénomène suggère que l’organisme doit produire davantage d’insuline pour maintenir des niveaux de sucre dans le sang stables, une situation qui peut conduire au diabète de type 2 si les habitudes alimentaires ne sont pas modifiées.
« L’alimentation est un facteur modifiable qui doit être abordé de toute urgence dans les stratégies de prévention chez les jeunes »,
Vaia Lida Chatzi, professeure de sciences de la population et de santé publique à l’École de médecine Keck de l’Université de Toronto.
Elle souligne que les résultats montrent que « même une augmentation modeste de la consommation d’aliments ultra-transformés peut altérer la régulation du glucose chez les jeunes adultes à risque d’obésité ». Yiping Li, premier auteur de l’étude, ajoute : « Limiter la consommation de ces aliments peut aider à prévenir les maladies ».
La recherche met en évidence le fait que le début de l’âge adulte constitue une phase critique pour renforcer les habitudes alimentaires et réduire les risques de maladies métaboliques. Aux États-Unis, plus de la moitié des calories quotidiennes consommées proviennent d’aliments ultra-transformés. Bien que de nombreuses études antérieures aient établi un lien entre ces produits et le diabète de type 2 chez les adultes, les preuves de leurs effets chez les jeunes adultes étaient jusqu’à présent limitées.
L’équipe prévoit d’élargir ses évaluations à l’avenir en étudiant des échantillons plus importants et en utilisant des méthodes de suivi alimentaire plus précises, afin d’identifier précisément quels aliments ultra-transformés représentent le plus grand danger pour la santé des jeunes. Ils continueront également d’explorer les mécanismes biologiques associés à la relation entre ces aliments et la détérioration de la régulation du glucose et de l’insuline.
L’équipe de l’Université de Californie du Sud (École de médecine Keck) conclut que le début de l’âge adulte représente une opportunité centrale d’intervenir et de modifier les habitudes alimentaires avant que le prédiabète et d’autres facteurs de risque ne s’installent et ne conditionnent la santé pour le reste de la vie.
