Publié le 20 novembre 2025 à 23h34. Le président américain Donald Trump a menacé d’intervenir militairement au Mexique sous prétexte de la lutte contre le trafic de drogue, suscitant une réaction ferme de la présidente mexicaine Claudia Sheinbaum, qui a rejeté toute ingérence.
- Donald Trump a laissé entendre qu’il pourrait autoriser une attaque contre le Mexique pour endiguer le flux de drogues vers les États-Unis.
- La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a catégoriquement exclu la possibilité d’une intervention américaine sur son territoire.
- Les États-Unis ont déployé une importante force navale dans les Caraïbes, officiellement pour lutter contre le narcotrafic, mais suscitant des spéculations sur une possible intervention au Venezuela.
Donald Trump a ouvertement évoqué la possibilité d’une action militaire au Mexique, lors d’une conférence de presse lundi 17 novembre. Interrogé sur l’éventualité d’une opération antidrogue américaine sur le sol mexicain, il a répondu qu’il l’autoriserait si nécessaire, estimant que les autorités mexicaines étaient incapables de contrôler les cartels de la drogue.
« Est-ce que je lancerais une attaque au Mexique pour arrêter la drogue ? Cela me convient. Tout ce que nous devons faire pour arrêter la drogue »,
Donald Trump, président des États-Unis
M. Trump a même affirmé qu’il serait fier de mener une telle opération, estimant qu’elle permettrait de sauver des millions de vies. Selon l’agence de presse AFP, il a ajouté : « Je ne dis pas que je le ferai, mais je serai fier de le faire. Parce que nous sauverons des millions de vies en le faisant. »
Ce déploiement de force s’accompagne d’une présence militaire américaine accrue dans la région des Caraïbes depuis le mois d’août, avec six navires de guerre déployés. Washington justifie officiellement cette présence par la nécessité de lutter contre le trafic de drogue à destination des États-Unis. Cependant, des rumeurs persistantes évoquent une possible intervention militaire contre le président vénézuélien Nicolás Maduro.
Le porte-avions USS Gerald R. Ford, le plus grand porte-avions au monde, a récemment rejoint la flotte américaine dans les eaux des Caraïbes, à proximité du Venezuela. Le Commandement Sud des États-Unis (SOUTHCOM), responsable des opérations militaires américaines en Amérique latine et dans les Caraïbes, a annoncé lundi 17 novembre l’entrée du groupe de combat du USS Gerald R. Ford dans sa zone de responsabilité.
SOUTHCOM a déclaré dans un communiqué publié dimanche 16 novembre que le déploiement s’inscrit dans le cadre de la « directive de Trump visant à démanteler les organisations criminelles transnationales et à lutter contre le narcoterrorisme pour défendre la patrie ». Le groupe de combat du USS Gerald R. Ford comprend, outre le porte-avions, deux destroyers équipés de missiles guidés et d’autres navires et avions militaires de soutien.
Cette présence navale s’inscrit dans le cadre de l’« Opération Southern Spear », une initiative du Pentagone. Depuis le lancement d’opérations militaires contre le trafic de drogue dans les Caraïbes en septembre dernier, les forces américaines ont tué au moins 80 personnes lors d’attaques contre une vingtaine de navires soupçonnés de transporter de la drogue en eaux internationales. Les États-Unis n’ont fourni aucun détail pour étayer leurs affirmations concernant l’identité des personnes tuées, ce qui a suscité des critiques de la part d’experts qui dénoncent des exécutions extrajudiciaires.
La présidente mexicaine Claudia Sheinbaum a réagi avec fermeté aux menaces de Donald Trump, affirmant qu’une attaque américaine sur le territoire mexicain était impensable.
« Cela n’arrivera pas »,
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique
Elle a souligné que le Mexique ne souhaite pas l’intervention d’aucun gouvernement étranger, préférant la coopération et la coordination. Elle a également rappelé l’histoire des interventions américaines au Mexique au XIXe siècle, qui ont abouti à la perte d’une partie importante du territoire mexicain.
« La dernière fois que les États-Unis sont venus intervenir au Mexique, ils ont pris la moitié de son territoire. Nous ne pouvons pas permettre une intervention »,
Claudia Sheinbaum, présidente du Mexique
Elle a insisté sur le fait que le Mexique ne se soumettrait pas à une telle ingérence.
