Publié le 2025-10-06 14:40:00. Une vaste méta-analyse portant sur plus de 5 700 patients révèle que le clazosentan, un médicament utilisé pour prévenir les complications après une hémorragie sous-arachnoïdienne, réduit significativement le risque d’infarctus cérébral et de vasospasme, mais s’accompagne d’effets secondaires tels que l’anémie et l’œdème pulmonaire.
- Le clazosentan diminue le risque de nouvel infarctus cérébral lié au vasospasme de 44 % par rapport au placebo.
- Il réduit également l’incidence du vasospasme de 46 % par rapport au placebo et de 56 % par rapport au chlorhydrate de fasudil.
- L’étude met en évidence un risque accru d’anémie, d’hypotension et d’œdème pulmonaire avec l’utilisation du clazosentan.
Cette analyse regroupant 12 études (13 rapports) a permis d’évaluer l’efficacité et la sécurité du clazosentan chez les patients souffrant d’hémorragie sous-arachnoïdienne, une affection neurologique grave souvent causée par la rupture d’un anévrisme cérébral. Les données analysées proviennent d’essais cliniques randomisés et d’études de cohortes rétrospectives menées entre 2005 et 2024, impliquant un total de 5 728 participants, dont 1 727 hommes et 3 843 femmes. L’âge moyen des participants variait entre 45 et 80,2 ans.
Les chercheurs ont constaté que le clazosentan était associé à une réduction significative du risque de nouvel infarctus cérébral lié au vasospasme par rapport au placebo (RR : 0,56 ; IC à 95 % : 0,42–0,76 ; P = 0,0002 ; I² = 56 %). De même, par rapport au chlorhydrate de fasudil, le clazosentan a également démontré un risque réduit (RR : 0,27 ; IC à 95 % : 0,12–0,61 ; P = 0,002 ; I² = 0 %). Le médicament a également diminué significativement le risque de DIND (déficit neurologique ischémique différé) lié au vasospasme par rapport au placebo (RR : 0,67 ; IC à 95 % : 0,55–0,80 ; P < 0,0001 ; I² = 29 %).
L’incidence du vasospasme a également été significativement réduite avec le clazosentan, tant par rapport au placebo (RR : 0,54 ; IC à 95 % : 0,47–0,62 ; P < 0,00001 ; I² = 25 %) qu'au chlorhydrate de fasudil (RR : 0,44 ; IC à 95 % : 0,28–0,70 ; P = 0,0004 ; I² = 0 %). En outre, le besoin de traitement de sauvetage a été significativement réduit chez les patients traités au clazosentan par rapport à ceux recevant un placebo (RR : 0,61 ; IC à 95 % : 0,48–0,77 ; P < 0,0001 ; I² = 52 %).
Cependant, l’utilisation du clazosentan n’a pas entraîné de différence significative en termes de score GOSE (Glasgow Outcome Scale) inférieur à 4 ou de mortalité, que ce soit par rapport au placebo ou au chlorhydrate de fasudil. L’analyse a révélé un risque accru d’anémie (RR : 1,49 ; IC à 95 % : 1,27–1,76 ; P < 0,00001 ; I² = 0 %), d'épanchement pleural (RR : 3,40 ; IC à 95 % : 2,40–4,83 ; P < 0,00001 ; I² = 0 %) et d'hypotension (RR : 2,41 ; IC à 95 % : 1,82–3,18 ; P < 0,00001 ; I² = 0 %) chez les patients traités au clazosentan par rapport au placebo. Un risque accru d'œdème pulmonaire a également été observé (RR : 2,60 ; IC à 95 % : 1,82–3,72 ; P < 0,00001 ; I² = 29 %).
Des analyses supplémentaires ont montré que l’efficacité du clazosentan variait en fonction de la dose administrée et du type de traitement de l’anévrisme (chirurgie de clipage ou embolisation endovasculaire). Les résultats détaillés de ces analyses sont disponibles dans les tableaux supplémentaires 3 et 4.
L’évaluation de la qualité des études incluses a été réalisée à l’aide de l’outil Cochrane pour évaluer le risque de biais dans les essais contrôlés randomisés et de l’échelle NOS (Newcastle-Ottawa Scale) pour les études de cohortes. Les essais contrôlés randomisés ont présenté un faible risque de biais, tandis que les études de cohortes ont démontré une qualité méthodologique élevée.
Cette méta-analyse souligne le potentiel du clazosentan dans la réduction des complications neurologiques après une hémorragie sous-arachnoïdienne, mais met également en évidence la nécessité d’une surveillance attentive des effets secondaires potentiels.
