Publié le 23 octobre 2025 à 18h01. Une image de la Vierge Marie dénouant les nœuds gagne en popularité dans les églises à travers le monde, offrant aux fidèles un symbole d’espoir et d’aide pour surmonter les difficultés de la vie.
- La dévotion à la Vierge Dénouée, originaire d’Allemagne au XVIIIe siècle, a connu un regain d’intérêt grâce au pape François.
- Des pèlerins affluent vers des sanctuaires dédiés à cette Vierge, notamment à Cancún, au Mexique, pour lui confier leurs problèmes personnels.
- Un rituel populaire consiste à déposer un ruban noué en signe de confiance, symbolisant les difficultés que l’on souhaite voir résolues.
La Vierge Dénouée, ou Vierge qui délie les nœuds, est une invocation mariale de plus en plus présente dans les temples du monde entier. Les fidèles se tournent vers elle pour obtenir de l’aide dans les moments difficiles, espérant que Marie intercède pour « dénouer » les problèmes quotidiens qui les accablent.
Bien que sa diffusion internationale soit relativement récente, l’histoire de cette dévotion remonte à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. En 1700, l’artiste Johann Georg Melchior acheva la peinture de l’image, qui fut placée dans l’église Saint-Pierre de Perlach, à Augsbourg, en Allemagne.
Trois siècles plus tard, la dévotion a connu un nouvel essor grâce à l’affection et à la promotion du pape François. Le Père Alejandro Russo, recteur de la Cathédrale de Buenos Aires (Argentine), a révélé à Radio Vatican que, lorsqu’il était prêtre, le Pontife encourageait cette dévotion et joignait même une image de la Vierge Dénouée à ses lettres personnelles.
En 2021, lors du couronnement pontifical de cette image dans la paroisse de San José del Talar à Buenos Aires, le pape François envoya une lettre invitant les fidèles à y déposer « de l’espérance » et à être des « témoins fidèles et humbles de l’Évangile de la miséricorde et de la tendresse de Dieu ».
La même année, le pape François conclut un marathon du Rosaire par une prière devant l’image de la Vierge Dénouée dans les jardins du Vatican.
L’engouement pour cette dévotion s’est particulièrement répandu en Amérique latine, en partie grâce à l’affection que les populations latino-américaines portent au pape François. Des temples et chapelles dédiés à la Vierge qui délie les nœuds ont été inaugurés au Mexique, au Honduras, au Costa Rica, au Guatemala, au Venezuela, en Colombie, au Chili et au Pérou.
À Cancún, au Mexique, un sanctuaire important, ouvert depuis 2016, accueille quotidiennement de nombreux pèlerins. Son recteur, le Père Luis Pablo Garza, explique que la popularité de ce lieu de culte repose sur sa simplicité et la confiance que les gens placent dans la Vierge pour des demandes souvent modestes.
« Cette invocation vous transmet une maternité de Marie à laquelle vous pouvez confier vos préoccupations, que ce soit l’entrée de votre enfant à l’université, la recherche d’un emploi, la planification d’un voyage ou des problèmes de santé. »
Père Luis Pablo Garza, prêtre des Légionnaires du Christ et recteur du sanctuaire de Cancún
Le Père Garza souligne qu’il a constaté que les gens se sentent connectés à María Desatanudos grâce à la tendresse de son visage et de ses mains, et en comprenant que le ruban qu’elle tient symbolise leur propre vie, qu’elle garde près de son cœur et sous son regard.
Un rituel populaire associé à cette dévotion consiste à déposer un ruban blanc noué, représentant un problème personnel. Le Père Garza explique que ce geste « guérit l’âme et la remplit de confiance », car il symbolise que « j’ai déjà confié mon nœud à la Vierge, je lui ai déjà confié mon problème ».
L’origine de ce rituel remonte à une tradition matrimoniale allemande du XVIIIe siècle, où les mains des époux étaient liées par un ruban symbolisant leur union. Le premier miracle attribué à cette dédicace mariale impliquait une épouse présentant son ruban rempli de nœuds, représentant les difficultés de son mariage.
Pour cette raison, María Desatanudos est reconnue comme la patronne des mariages et des conflits conjugaux. Le Père Garza témoigne avoir constaté « ces derniers temps » que des couples ayant des difficultés à concevoir ont eu des enfants, et que des parents lui présentent leurs enfants en disant : « Père, c’est un miracle de la Vierge ».
Des fidèles comme Sandra Patricia, une dévote colombienne depuis 30 ans, confient à ACI Prensa qu’elle trouve dans la Vierge Dénouée un refuge pour « tout problème : qu’il soit de santé, économique, ou parfois affectif, émotionnel ou de manque de travail, tout lui est confié ».
Dafne Campos, une Mexicaine, a déclaré s’être rendue à la chapelle de la cathédrale de Mexico après avoir perdu son emploi : « J’ai lu que c’est très miraculeux. Donc, je pense que j’ai besoin en ce moment d’avoir un peu de foi. Et c’est bien de venir spécifiquement avec quelqu’un d’aussi miraculeux pour pouvoir livrer vos nœuds. »
Pour le Père Garza, le message de la Vierge Dénouée répond à un besoin spirituel dans le monde actuel, marqué par « de nombreuses maladies spirituelles, de nombreux conflits mentaux, un manque de paix et des enchevêtrements ». Il affirme que, grâce à l’intercession de la Vierge Marie, « les nœuds se défont de toutes sortes ».
Il conclut en soulignant que le message central de la Vierge est de nous rappeler que « nous avons une mère au ciel qui est toujours prête à nous aider avec une tendresse maternelle » et que « vous avez une mère au ciel qui vous écoute, à qui vous pouvez confier en toute confiance vos nœuds, vos besoins et vos problèmes, ceux de votre famille et de vos proches ».



